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TEST Comparatif : Objectifs 24mm AF sur Pentax K20D

Lequel est le meilleur :  FA*24/2, DA* 16-50, DA 12-24, DA 18-55 WR et DA 21 Ltd ?

Salut les Pentaxistes !

 

Gros test exclusif qui nous a demandé un boulot un peu dingue ! Mais quand on aime on ne compte pas, n’est-ce pas ? Gplr a rassemblé une belle brochette de 24mm Pentax en monture KAF sur son K20D pour les soumettre au décorticage favori du barge Lazare Caspi, triturateur machiavélique impartial ;). On espère que cette page vous régalera...

La focale de 24 mm sur capteur aps-c donne un équivalent 35 mm argentique tout en conservant des perpectives plus fuyantes et une profondeur de champ plus importante. Ce n’est pas une focale très intéressante en soi mais elle possède un répresentant mythique chez Pentax que nous avons voulu testé, en la personne du SMC FA* 24mm f2 AL-IF, construit à l’ère argentique (pour Pentax Z1 ou MZ-S entre autres) et datant des années 1990. Dans sa livrée Silver (argentée) caractéristique des focales haut de gamme étoilées et avec sa finition tout métal, il a fait rêver plus d’un pentaxiste amoureux, attirés par sa lentille frontale impressionnante pour filtre de 67 mm !

 

Ce beau gros caillou ultra-lumineux de f2 pèse 405 gr, avec un diamètre de 76mm et il est long de 66mm sans son imposant paresoleil à corolle !

La finition est très pro, avec une bague de mise au point douce et ferme comme un objectif à mise au point manuelle, qui s’enclenche d’arrière et avant pour actionner la mise au point autofocus.

 

 

Sa formule optique de 11 lentilles en 9 groupes incorpore des éléments asphériques AL censées apporter de meilleures corrections à la distorsion et au piqué. Son mécanisme IF (internal focus) permet de réduire le déplacement des blocs optiques, gage de rapidité et de précision en AF. Sa mise au point minimale est de seulement 0.3 m ce qui était une jolie performance à son époque !

 

Comme tout ce qui est rare, il est cher en occasion : comptez un petit chèque de 600€ chez nos amis allemands Camerafoxx en décembre 2009 pour un exemplaire complet en boîte originale (photo de droite), entre 400 et 500€ avec de la chance partout ailleurs.

 

Les exemplaires en excellent état sont encore plus rares, car la finition Silver chez Pentax souffre souvent des outrages du temps...

 

Prêt pour le comparer aux autres 24mm actuels du constructeur Pentax ? C’est parti !

Test Vignetage

Vu son ultra-luminosité qui est fait un exemplaire unique chez Pentax, le FA* 24 n’est pas vraiment une bête de course : il lui faut atteindre f4 pour être débarrassé de vignetage. Sur un futur capteur numérique full Frame (24x36), il est à craindre que ce soit seulement à f5.6 qu’il sera impeccable. Dans la brochette des 24 mm comparés ici, c’est le DA * 16-50 qui tire le mieux son épingle du jeu : il profite de l’avantage d’être en milieu de range, ce qui offre souvent les meilleures focales sur les zoom. On appréciera aussi les bonnes performances du DA 12-24 qui assure même en bout de range.

Test Distorsion

Côté distorsion, le FA* 24 n’est pas non plus à la fête : son 1.5 à 2% de distorsion est bien visible et nécessitera une correction logicielle somme toute assez facile à peaufiner car sa forme en barillet est homogène. C’est le DA 12-24 qui me semble le meilleur suivi de près par le DA* 16-50. Ils se comportent de façon différente : la DA 12-24 montre des bords en léger coussinet car il est en fin de range tandis que le DA* 16-50 offre une parfaite linéarité en bordure de champ mais avec un effet spot en barillet au centre. En fin de compte, ces deux types de déformation seront quasiment imperceptibles sur le terrain à moins d’aimer photographier des portes de garage bien évidemment ;)

Test Aberrations chromatiques

Pour visualiser les problèmes de franges de couleur que les objectifs font apparaître sur capteur numérique, nous avons choisi le test du caillebotis (genre caddie de supermarché) qui permet de les déceler assez bien grâce aux forts contrastes des reflets métalliques.

 

Sur la photo de gauche, le capteur se trouve à environ 3 m du caillebotis. Je propose ci-dessous des détails à 100% du centre et d’une bordure de champ, encadrés en rouge sur la vue réduite.

 

On trouvera beaucoup d’autres exemples d’aberrations chromatiques dans les images de résolution et de bokeh affichées plus bas et un visionnage attentif de l’ensemble de ces images-tests permettra de se faire une idée très précise des performances de chaque concurrent dans ce domaine.

Si on devait faire un premier bilan tout de suite, il ne serait pas vraiment au profit du FA* 24 : il est bien baveux à pleine ouverture... Et il le reste tristement même après 2 crans de fermeture... Triste, triste, triste... Ce sera, je le crains, le principal constat de ce test : le FA* 24 n’est pas fait pour les capteurs numériques ! J’ose à peine imaginer ce qu’il donnerait sur FF genre D3x à 24 Mpixels....

Le DA 12-24 encore une fois est le meilleur concurrent de ce test : décidément, il assure ce zoom !

Test de résolution sur mire

On arrive au plat de résistance : l’impitoyable mire qui fait frémir les usagers...

La mire se trouve à 1.6 m du capteur. Je rappelle que ce test cruel doit être pris avec des pincettes. Premièrement, il ne vaut que pour les exemplaires testés et on ne peut pas généraliser les performances entre objectifs de même référence. Deuxièmement, ce test n’est pas réalisé avec la rigueur d’un technicien de labo sur banc optique : il a été fait dans notre jardin, soigneusement certes, mais des erreurs de centrage ou autre sont toujours possibles.

 

Disons qu’il permet surtout de comparer entre eux des objectifs dans les mêmes conditions d’utilisation, sur le même boitier, afin de donner des répères par rapport à vos propres exemplaires actuels ou futurs. Ci-dessous, Série de 4 grands montages à f2-2.8 / f4 / f5.6 et f8 : bonne lecture !

Coucou, vous êtes là ? Si vous n’avez pas trop mal à la tête, faisons un bref récapitulatif : franchement, sur un plan purement optique, est-ce bien raisonnable de craquer 600€ dans un FA* 24/2... Je le trouve bien hétérogène avec des bords mollassons même sur capteur aps-c... Disons qu’à f8, il tient la route mais on l’a payé cher pour l’utiliser à f2, non ?... On voit ici les progrès réalisés par les opticiens quand on le compare avec le bon DA* 16-50 ou l’excellentissime DA 12-24. Vous avez vu ça ? une focale de 24 mm homogène et de haut niveau dès f4 !! Ce test aura au moins servi à montrer qu’il existe une perle quelque part chez Gplr : s’il le met en vente un jour (ne rêvez pas !) c’est ce DA 12-24 qu’il faudra s’arracher ! ;))

 

Laissons tomber la mire pour aller dans la vraie vie ! Et place à un 2e test de résolution sur le terrain.

Test de résolution en paysage urbain

Cette jolie petite gare du centre de la France va servir à trancher le débat. La mise au point AF est faite quasiment à l’infini et l’axe légèrement de biais permettra de juger de l’homogénéité de la profondeur de champ.

 

J’ai choisi des détails répartis équitablement sur tout le champ qui offrent suffisamment de discrimination pour juger des performances du piqué et du contraste. Série de 4 grands montages à f2-2.8 / f4 / f5.6 et f8.

 

Il y aura un deuxième paysage urbain plus bas pour le rendu des couleurs sous le soleil et un dernier test pour le bokeh avec Maître Hibou. Je vous retrouve en fin de page pour le mot de la fin !

 

Bon décorticage !

Test de rendu des couleurs des 24 mm à f8

Ding, dong, l’heure du bilan sonne

Le FA* 24 reste imbattable dans sa spécifité qu’est le bokeh. Sa définition de bon aloi au centre et aux tiers du champ dès la pleine ouverture offre de beaux rendus pour isoler un détail et sa raison d’être serait donc à chercher principalement dans le reportage sur le vif. Sa capacité à photographier avec autofocus dans des endroits peu lumineux, sa solide finition pro en font un objectif qui plaira en reportage nocturne, en manif, en boîte de nuit, mariage ou en concert. Il faudra beaucoup post-traiter les couleurs pour corriger ses nombreuses aberrations chromatiques ou pourquoi pas transformer ses clichés en N&B façon Robert Capa shootant sur les plages du débarquement !

 

Pour le paysagiste, il y a beaucoup mieux. Le DA 12-24 est le champion de ce test : si je devais répondre à la question du début, je dirais que c’est lui le meilleur 24mm de Pentax actuellement !

Test de Bokeh (fond flou)

à pleine ouverture

Quasiment pas d’aberrations problématiques, peu de distorsion et de vignetage, un piqué homogène dès la pleine ouverture de f4, bref, un quasi sans-faute pour ce zoom UGA (ultra grand angulaire) que nous aurons prochainement le plaisir de tester à 15mm face à ses concurrents...

Le tout nouveau tout beau DA 15mm Limited (sur la photo de droite) sera à l’honneur de ce prochain comparo : suivez le site !

 

Le DA* 16-50 est aussi digne de confiance à 24 mm qui est sa bonne focale de milieu de range. Il souffre un peu dans les bordures de champ mais sa polyvalence en fait un outsider intéressant si on aime les beaux et gros objectifs professionnels...

 

Le DA 21 Ltd est quant à lui vraiment plus intéressant par la largeur du champ couvert, sa compacité (et finition luxueuse) et son rendu très froid (genre Zeiss) que je préfère en paysage. Il demandera un peu de post-traitement contre la distorsion. Si on est réfractaire au gros DA 12-24, c’est sans doute LE choix à faire pour la balade en nature.

 

Enfin, le petit pépère DA 18-55 à 24 mm est très correct, un bon petit zoom pas cher pour débuter, genre tétine du premier âge qu’on abandonne très vite quand on s’est fait les dents ! ;)

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à vous accompagner sur ce parcours de fond, et en remerciant à deux mains mon ami Gplr pour le temps passé sur le terrain, je vous dis à la revoyure, cher Pentaxiste !

 

A +

 

Lazare Caspi - www.monuniverspentax.com - décembre 2009