










Salut les Nikonistes !
Si vous avez déjà parcouru quelques-uns de mes tests Pentax, vous savez qu’ils n’ont
de valeur qu’en terme « d’usage amateur » : ici point de banc MTF, photozone.de ICI
a déjà testé cet objectif 18-35mm en bonne et due forme sur capteur aps-c. Dans le
présent test, je rends compte des performances visuelles de l’objectif à travers
des captures d’images visualisées sans retouche en haute définition. L’intérêt sera
surtout de considérer de visu si la qualité globale de cet objectif sur capteur Fx
(24x36) correspond à vos besoins.
Côté prise en main, l’objectif est soigné au niveau de la souplesse/fermeté des bagues,
pas de jeu ou de tremblement. Il est relativement compact, proche d’un transtandard
de base mais se révèle encombrant à ranger dans le fourre-tout avec son paresoleil
monté. Il n’est plus distribué en neuf et d’occasion, il se négocie entre 300 et
400 €, ce qui, en terme d’Ultra-grand-angulaire (UGA) AF pour Nikon, se révèle une
alternative viable face aux somptueux AF-S 17-35 ou 14-24 ED-IF, ouvrant à f2.8 et
couvrant le format Fx, qui coûtent neufs entre 1700€ et 1800€ !
La fiche technique du 18-35 ci-dessous est alléchante, avec sa lentille ED à haut
pouvoir de transmission lumineuse et son autre verre AL asphérique censé améliorer
distorsion et aberrations chromatiques. La mise au point interne IF permet au zoom
de ne pas s’allonger de plus d’1cm selon la focale et la distance de mise au point
et sa compacité est donc maintenue, gage de confort appréciable. L’AF sur D700 est
rapide et précis, je n’ai jamais rencontré de back ou front focus depuis que je l’utilise.
La lentille frontale énorme nécessite des filtres de 77mm de large : ce sera donc
assez contraignant d’investir dans des filtres neutres ou polarisant de ce diamètre.
Les focales fixes Nikkor 24, 28 et 35mm sont toutes basées sur des filtres de 52mm,
c’est un avantage non négligeable (l’AF-D 20mm demande lui des filtres de 62mm).



Les fiches tests ci contre, l’une à gauche issue de Chasseur d’images et l’autre
à droite du Livre de Sepulchre aux éditions VM, rendent compte de mesures théoriques
qui sont plus ou moins facilement appréciables. Je vais essayer de les compléter
avec des vues sur le terrain en comparant plus bas, par exemple, le rendement optique
à pleine ouverture avec celui obtenu après avoir diaphragmé de plusieurs valeurs.
Je ferai aussi un comparatif de la même scène à 35mm entre le zoom et la focale fixe
Nikkor AF-D 35/2.
En terme de vignetage, la pleine ouverture est toujours sujette à l’assombrissement
des angles. La distorsion en barillet est aussi très visible de 18 à 24mm inclus
et nécessitera un peu de retouche sur les sujets rectilignes. Voici ci-dessous une
scène de type architecturale (sans aucun intérêt ajouterons-nous !) pour rendre compte
de la distorsion naturelle à 18 et 24mm.


Ci-dessus, à 18mm, sur cette façade bien perpendiculaire à l’axe optique, visualisée
dans Silkypix avec la grille géométrique, on perçoit une forte distorsion en barillet
qui offre la particularité de finir en vague sur les bords. A droite, la palette
de correction dans Silkypix permet de rectifier les déformations avec des réglages
de -15. Malheureusement, la distorsion en vague est difficilement corrigeable mais
l’oeil humain n’est pas aussi précis qu’une mire, donc ça passe !


Ci-contre à gauche, à 24mm, toujours visualisé dans Silkypix avec la grille géométrique,
la distorsion en barillet redevient classique tout en restant bien perceptible :
elle le sera encore à 28mm et 35mm mais de façon moins prononcée.
Plus bas à gauche, la palette de correction dans Silkypix permet de rectifier les
déformations avec des réglages de -8, soit une valeur deux fois moindre qu’à 18mm.
L’image redevient équilibrée.
Je ne connais pas d’UGA qui serait exempt de ce défaut et ce zoom 18-35 s’en sort
donc plutôt bien à ce niveau, sans faire ni mieux ni pire que les autres objectifs
de sa catégorie.
Il convient aussi de rajouter qu’en format Dx, option qui retaille l’image du capteur
sur les 5 Mpixels centraux du D700, le zoom retrouve une santé optique de bon aloi.
Il fera quasiment mieux que les objectifs UGA calculés d’origine pour le format Dx,
comme par exemple le Sigma DC 10-20.
Voyons maintenant la qualité de la définition sur des vues réelles. Le lac de Marcillac-la-Croisille
ci-dessous a été partiellement vidé. C’est l’occasion de voir les entrailles du plan
d’eau où les baigneurs pataugent en été.... Beurk....
Pour cette scène à main levée à 18mm, j’ai comparé les deux ouvertures extrêmes :
f3.5 et f16. Le centre de l’image est légèrement meilleur à f3.5 (à f16, la diffraction
dégrade un peu l’image). Le zoom se révèle toujours très bien défini sur les 60%
au centre du cadrage. Ce sont les 40% circulaires qui posent problème avec une mollesse
assez forte jusqu’à f11.


Sur le 2e test à 35mm ci-dessous, le zoom améliore légèrement son rendement optique
sur les bords dès la pleine ouverture à f4.5, tout en maintenant une bonne définition
au centre. Le vignetage est légèrement perceptible à f4.5, même sur ce paysage contrasté.
En revanche, la distorsion naturelle est imperceptible car l’oeil n’a pas de repères
bien tranchés pour la juger. J’ai comparé la pleine ouverture avec la valeur de f11
qui est le meilleur diaph de travail en paysage car la diffraction n’est pas trop
visible.
Pour le 3e et dernier test ci-dessous, j’ai d’abord comparé le zoom avec lui-même
à 18mm à pleine ouverture et à f11. Même sur la vue réduite, on perçoit bien la mollesse
et le fort vignetage dans les angles tandis que l’image redevient croustillante à
f11 : il n’y a plus que l’extrêmité des angles qui reste baveuse et qui exigera un
léger recadrage pour une impression grand format parfaite. Plus bas, on retrouve
la même scène à 35mm en mettant face à face le zoom 18-35 et l’objectif AF-D 35mm
f2 qui permet de constater l’apport de définition non négligeable qu’une focale fixe
procure au photographe exigeant.


Face à l’AF-D 35mm f2, le zoom n’est pas ridicule pour peu qu’on puisse photographier
à f8... Le rendu des couleurs est le même et la précision de l’exposition aussi.
En fait, l’avantage du zoom réside dans le recadrage en post-traitement : on peut
photographier une scène à 28mm au lieu de 35mm et retailler ensuite les bords du
champ pour obtenir une image homogène et quasi parfaite après correction de la distorsion
et du vignetage. Avec la fonction de recadrage Dx du D700, on dispose aussi d’une
palette de focales allant de 18mm à 50mm puisque la focale de 35mm recadre comme
un 50 sur les 5 Mpixels centraux du capteur.



Sur le terrain de l’occasion, les UGA AF pour capteur Full Frame sont peu nombreux
: citons le Tamron AF SP 19-35 (en haut à gauche), le Tokina 19-35 (en haut au centre)
et le Tamron 20-40 (en haut à droite) qui est réputé pour sa santé optique. Plus
récents, on trouve chez Sigma le 17-35 EX et le EX 15-30. J’ai utilisés ces deux
Sigma sur aps-c Sigma SD10 et Pentax K10D et leur comportement est très comparable
à notre Nikkor, belle définition au centre, distorsion bien présente et mollesse
des bords.
En conclusion, je pense que ce zoom Nikkor AF-D 18-35 ED-IF est la principale option
du Nikoniste qui veut s’offrir un UGA à moindre coût. L’extraordinaire largeur de
cadrage disponible permettra de rogner l’image et d’avoir des équivalents 24 ou 28
mm homogènes sur tout le champ après correction de la distorsion. On perdra un peu
de pixels, certes, mais on n’a besoin que de 6 Mpixels pour faire une très belle
impression au format A4 ! Sur un capteur 10 ou 12 Mpixels, on a donc une belle marge
de manoeuvre... L’utilisateur disposera aussi de la mesure matricielle 3D et son
D700 pourra gérer la correction (partielle) du vignetage avec l’option enclenchée
dans son menu personnalisé. Il offrira également l’assurance d’avoir une excellente
précision avec le module autofocus du D700.
Je vous laisse avec un exemple d’un paysage fait à 18mm comparé avec la focale de
28mm et recadrage sur PC à 5.3 Mpixels : on voit que l’UGA carbure bien sur ce principe.
J’espère que ce test vous en aura appris suffisamment pour votre choix ! Merci de
votre visite et A + ;)
Lazare Caspi - www.monuniverspentax.com - nov 2009
Ci-dessus, deux vues réduites sans retouche : à gauche, à 18mm, rémi se trouve à
environ 1.6 m de l’objectif. Nous sommes ici en format FX à 12 Mpixels. Puis sur
la vue de droite, à 35mm au Format Dx à 5 Mpixels, saisi toujours du même emplacement
: le recadrage Dx donne un équivalent 55mm environ.
Test Nikkor AF-D 18-35 ED-IF sur D700