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Méga-TEST COMPARATIF : Pentax FA 31mm f1.8 AL Limited contre Sigma EX DC 30mm f1.4

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Salut à tous !

 

Comme promis, après le comparatif Sigma 30 / Pentax 35 ltd publié ici, on monte d’un cran dans le duel !

Ce sont à présent les chefs de fil, avec leur extra grande ouverture minimale f1.8 / f1.4, qui s’affrontent dans la catégorie « objectif standard » pour reflex numérique, ici sur le Pentax K-m.

Le fabuleux 31mm Limited représente ce qui se fait de mieux dans le monde des Pentax autofocus. Il a été créé pour les reflex argentiques (série FA) mais il est compatible à 100% sur les reflex numériques Pentax et Samsung et jouit d’une réputation de leader... Seul son prix fait reculer les amateurs, puisqu’avec de la chance on le trouvera d’occasion entre 400 et 600€. Neuf en boutique, il plane au-delà des 1000€ !!

 

Grâce au prêt de Fourmix, collègue modérateur du forum K10D qui en est l’heureux propriétaire (et que je remercie ici pour sa confiance !), on va pouvoir disséquer ce qu’il a dans le ventre !

 

Considérations techniques

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Le Pentax comporte 9 éléments en 7 groupes avec 3 verres spéciaux tandis que le Sigma en compte 7 en 7 groupes avec également 3 éléments spéciaux (sa formule est optimisée pour capteur numérique, incompatible avec le format 24x36). Côté poids, le Pentax est plus léger avec 345 gr contre 430 gr pour le Sigma. L’embonpoint du Sigma est aussi plus conséquent avec 77 mm de diamètre contre 65mm pour le Pentax. Avec son paresoleil intégré, ce dernier est un peu plus long : 69mm contre les 59mm du Sigma sans paresoleil (très volumineux une fois monté !).

La mise au point minimale du Pentax descend à 0.30 m tandis que celle du Sigma est limitée à 0.40 m. Seul avantage pour le Sigma : son ouverture à f1.4, soit x½ plus lumineux que le Pentax f1.8 (mais le Pentax compte 9 lamelles de diaph contre 8 chez Sigma).

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Côté finition, le Pentax donne ce qui se fait de mieux : tout métal, finition noir ou argenté, capuchon de paresoleil en métal, repères gravés dans la masse, c’est du grand luxe, avec sa pochette en cuir et logo Pentax doré, les esthètes apprécient.

Le Sigma se cantonne à sa finition polycarbonate pailletée noire chère aux EX et une sérigraphie blanche avec liseré doré pour le fun.

 

Les deux objos sont Made in Japan (on aime bien !) et ont des bagues souples et bien progressives avec un bruit de roulement plus prononcé sur le Pentax. La prise en main est meilleure sur le Limited, plus compact.

 

Filtage (plus économique) de 58mm chez Pentax contre 62mm chez Sigma si on veut jouer avec des filtres.

Vignetage et distorsion : bilan mitigé

On trouvera les tests MTF de photozone.de ici pour le FA 31mm et pour le Sigma 30mm. Quant à nous, place aux images-tests qui permettront d’interpréter les chiffres des barres et des courbes...

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Pour ce test, j’ai placé mon trépied face aux parois de tôles blanches d’un grand supermarché, sous un ciel nuageux, excellent pour diffuser la lumière. J’ai capturé les vignettes sans retoucher les formats PEF originaux iso 200 WB auto.

La distorsion est visible en barillet sur les deux objectifs mais elle n’est pas génante. Elle est mieux contrôlée sur le Pentax. Le vignetage est très visible sur les deux objectifs avant f2.8. Elle est plus forte sur le Pentax à pleine ouverture mais décroit plus vite. A  f2.8, elle n’est guère visible sur le Limited mais reste prégnante sur le Sigma jusqu’à F4 inclus. Bilan mitigé, donc, mais ces défauts récurrents sur les grands-angles sont facilement corrigeables sur ordinateur si on veut faire des tirages d’art.

Aberrations chromatiques : le 31 Ltd s’effondre !

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Les chromes de ma caisse claire sont le test le plus cruel pour juger de ce défaut optique ! Le Pentax n’a pas été conçu pour les capteurs numériques et ça se voit !

 

Sa grosse tendance est de virer aux franges violet-bleuté dès que la transition des lignes est sujette aux forts écarts de luminosité.

 

C’est moins visible en paysage par exemple mais cela reste très génant sur bon nombres de clichés aux lumières haut perchées.

 

On peut réduire fortement ces aberrations chromatiques en variant la teinte/saturation des tonalités magenta de l’image. Tutoriel sur cette retouche ici en anglais, la capture de la boite de dialogue permettra de s’y retrouver dans son logiciel de retouche même si on ne parle pas cette langue.

 

 

 

 

 

 

Sur cette scène à f2 dans une église, la comparaison entre les deux objectifs montre combien les formules optiques des objectifs récents sont améliorées pour contrer ce problème récurrent aux grandes ouvertures.

 

C’est une image typique où les aberrations chromatiques explosent dans les forts écarts de contrastes lumineux, comme sur les deux détails plus bas, capturés à 100%. Sur une image imprimée en grand format, ce sera très visible sans correction.

 

Sur ce critère, le Sigma DC est imbattable. Toutes les vues intérieures faites dans cette église montraient le même constat au détriment du Pentax.

 

Sur d’autres vues à l’extérieur, par exemple dans les feuillages sur ciel blanc, le Pentax n’avait pas d’aberrations chromatiques sur les ouvertures f4.5 et suivantes.

 

C’est donc une limite (vite atteinte) de cet objectif : le photographe recherche souvent les grandes ouvertures en photo peu lumineuses (extérieur nuit, intérieur sombre) où il y a souvent de forts écarts de luminosité avec les lumières artificielles..

 

Si on se destine aux grands tirages d’expo de photo de nuit, ce 31 Ltd ne sera peut-être pas un bon choix, à moins d’être fortiche dans la retouche photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Bokeh à f1.4 / f2.8 : des fonds flous « aberrants »

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N’ayant pas de modèle humain disponible, j’ai dû me contenter de ce petit montage avec un globe mis au net à environ 1.5 de l’objectif et un arrière plan bigarré placé à environ 2 m en arrière.

La recherche du point, au niveau du montant noir du globe, a été refaite 3 fois pour le 31 Ltd et même sur ces exemples elle est toujours en léger back focus...

 

C’est un constat que j’ai fait sur de nombreuses vues au cours de ce test, 1 vue sur 3 en moyenne calait sa map en back focus avec le 31mm. Le Sigma s’est montré beaucoup plus fiable.

 

Sur les détails à 100%, le ½ diaph de plus du Sigma joue pas mal en rendu crémeux. Ce qui diffère beaucoup, c’est le flouté très chromatiquement « aberrant » du 31 Ltd !

 

 

 

 

 

 

 

 

à droite, sur ce  détail du bokeh, (qui représente un baiser éléphantesque !) on distingue des franges verdâtres très prononcées sur le Pentax. Ici c’est génant, ça dépend bien sûr du type de scène photographiée. Côté Sigma, c’est crémeux à souhait : c’est pour lui un avantage indéniable.

La même scène, après avoir fermé à f2.8, a gommé les différences de bokeh. Les deux objos donnent le même type de flouté dans le rendu global.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, le même phénomène d’aberrations chromatiques se retrouve sur le Pentax et de façon encore plus prononcée.

Avec le piqué qui augmente, les franges vertes s’accentuent et créent un effet baveux très visible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moi je trouve ça très génant, et vous ? Après les contraintes liées à l’utilisation en photo de nuit, ce nouveau constat concernant les aberrations de ce bokeh baveux fait baisser la moyenne du Pentax : peut mieux faire... ;)

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Sur ce 2 ème test de bokeh, en paysage urbain, le Pentax a malheureusement shooté en back focus malgré le soin que j’ai pris à préciser plusieurs fois le point AF sur le montant vertical gauche du lampadaire placé à 2.5 m.

 

Le K-m possède un capteur central en croix assez précis quand on fait l’AF en cadrage paysage avant de recadrer en portrait (c’est préférable de suivre cette méthode). Mais malgré cette précaution, au cours des nombreuses scènes de mon test en paysage urbain, le Pentax a souvent fait patiner l’AF tandis que le Sigma assurait bien.

 

à F2, le rendu du bokeh Sigma est agréable et la précision de son AF en fait un objectif créatif de premier plan.

 

Difficile de comparer le bokeh du Pentax avec une mise au net décalée d’1 m vers le fond, sur l’arbuste de gauche : le bokeh en a été affecté et il est plus dur.

 

Si on observe à présent le détail du lampadaire au centre de la scène, capturé à 100%, on pâlit (de rage ?) en constatant la dénaturation des couleurs chez le 31 Ltd. Ca devient effrayant.

 

Le montant orangé est devenu cramoisi, les bordures de la cheminée ont été doublées par des lignes vertes tranchantes. C’est vraiment dommage car le photographe exigeant (ou le puriste de la couleur) ne pourra pas vraiment sortir cet objectif en toute tranquillité d’esprit s’il veut faire du poster couleur ou des bouquins d’art...

 

Dommage car, comme nous allons le voir, ce 31 Ltd possède un piqué du tonnerre... !

Le piqué sur mire couleur : houla ! ça dépote !

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Pour le test de piqué visuel en studio, sur trépied avec télécommande, j’ai utilisé un dépliant d’échantillons de moquette couleurs. Le grain de la fibre est génial pour observer la netteté et le pouvoir de résolution.

L’appareil se trouvait à 1 m de la mire.

 

Je vais donc enquiller les captures d’écran les unes sous les autres en suivant la fermeture du diaph (voir les exifs) avec pour chaque ouverture une capture au centre de la scène et une autre sur le bord gauche (voir les barre de défilement).

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Ouf ! Premier bilan : le 31 Ltd est l’objectif le plus homogène que j’ai jamais vu ! Dès f2 il est bon sur tout le champ (même dans les angles !) et devient excellentissime à f4 : un exploit dans le monde Pentax ! Le Sigma, avec son AF plus précis, donne une netteté un peu meilleure au centre à f4 et f5.6 mais s’essouffle bien vite à essayer de rattraper le champion sur les bords : il lui faut attendre f11 pour trouver dans le bord l’excellente homogénéité du Pentax. C’est simple : le bord du Pentax à f2.8 fait aussi bien que le bord du Sigma à f8 ! On observe aussi qu’avec l’augmentation de la profondeur de champ , le Pentax redevient plus piqué au centre à f8 : son micro-contraste est plus élevé.

On ne peut pas tout avoir ma petite dame ! Quel dommage que le piqué homogène du Pentax ne soit pas conjugué au bon contrôle des couleurs du Sigma : on aurait enfin LA perle, l’inaccessible « étoooooile » comme chantait Julien Clerc !

Le piqué sur le terrain : du tonnerre quand c’est... Net !

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Sur le terrain, avec la cellule pondérée centrale en mode Av, les deux objos ont très souvent exposé de la même manière. Je n’ai pas remarqué d’écart de mesure significatif.

 

Les quelques scènes extérieures photographiées à f1.8-f2 sont rarement exploitables pour la comparaison car les mises au net sont trop décalées.

 

Sur cette scène à f2.8, après avoir actionné plusieurs fois le collimateur central sur le centre de la boîte aux lettres, j’ai obtenu quasiment la même mise au net avec les deux objos. Elle permet de constater la supériorité du piqué chez Pentax qui possède aussi une profondeur de champ un peu plus étendue que celle du Sigma : toute l’épaisseur de la boite aux lettres est nette chez Pentax et le net s’étend aussi un peu sur le mur du fond tandis que celle du Sigma n’englobe pas le devant de la boite.

 

La vue d’ensemble réduite est mieux contrastée chez Pentax. Les ombres sont plus denses et les couleurs plus vives.

 

 

 

 

 

 

 

La borne à incendie vue à 100% montre le contraste très fort du Pentax dans la restitution des couleurs. C’est une constante de tous les Limited. On note bien sur ce détail que le mur du fond est englobé dans la profondeur de champ chez Pentax mais pas chez Sigma.

 

Celui qui aime le bokeh et les effets créatifs net/flou appréciera donc cette propriété du Sigma, tandis que l’amoureux du piqué dur et pur sera attiré par le Pentax.

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Pour cette scène de vitrine, à f5, on fera le même type de constat : le Pentax donne une netteté et un contraste plus élevés et une homogénéité d’ensemble très supérieure jusque sur les bords du champ.

La distorsion est aussi mieux contrôlée sur le Pentax.

 

 

 

 

 

 

 

La mise au net AF a été actionnée sur la pancarte de la vitrine.

La capture à 100% ci-contre est représentative de ce contraste si supérieur du Pentax : les couleurs semblent plus vives, les contours plus accentués.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En bordure de champ, nous savons que le Sigma doit atteindre f8 pour avoir de l’homogénéité. A F5, le Pentax est ici remarquable...

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Cette autre vue à f4.5 est aussi intéressante à observer. La mise au net AF a été faite sur la grosse bûche noire au centre du feu et le Sigma a décalé en back Focus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela donne une netteté moins bonne au centre de l’image dans le feu, mais les détails dans le lointain sont mieux englobés, forcément.

 

L’intérêt de cette comparaison tient surtout dans le rendu des couleurs. Outre son piqué assez extraordinaire, le Pentax donne une densité très supérieure dans la profondeur des couleurs et le dégradé de leurs nuances.

 

Peut-être que le Sigma, comme tous les objectifs de cette marque, possède une dominante un poil plus chaude (jaune) que le Pentax mais c’est rarement visible sur les autres scènes de mon test.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On notera enfin l’assez bonne maitrise des aberrations chromatiques du Sigma, encore présentes à f4.5 mais en voie d’extinction après f5.6

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Une dernière scène de terrain avec ce paysage champêtre fermé à f8. Les deux objectifs se sont comportés de la même façon, très difficile de les départager quand ils sont utilisés avec un de leurs meilleurs diaphs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même tonalité d’ensemble, même type de forte résolution, avec une légère variation en faveur du Sigma dans les branchages peut-être dûe à une meilleure précision de l’AF.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le lointain, un léger avantage au Pentax pour le contraste plus fort et des couleurs un peu plus denses.

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Bon ! Et si on récapitulait ?...

Le bilan me parait assez mitigé tant les concessions à faire sont importantes pour chaque objectif.

 

Le Sigma cumule quelques avantages non négligeables : un bokeh supérieur, offrant une créativité plus étendue dans la gestion des zones nettes et floues, un excellent contrôle des aberrations chromatiques pour le tirage grand format, une bonne netteté centrale à quasiment tous les diaphs renforcée par un AF précis.

 

Les avantages du Pentax sont davantage à placer au niveau de l’homogénéité d’un piqué de haut vol, d’un rendu des couleurs au contraste étonnant et d’une finition exemplaire.

 

Mais, avec son tarif 2 à 3  fois plus élevé, en donne-t-il deux fois plus que le Sigma en terme de rapport qualité/prix ?

Il me semble que non. Son aberration chromatique est assez effrayante, il fait moins bien que certains (très vieux) objectifs russes non traités multi-coating ! Mon vieux Jupiter 9 de 1977 fait beaucoup mieux à ce niveau. On peut donc parler de « bug » optique, sachant que le Pentax a des circonstances atténuantes : il a été conçu pour l’argentique. Si Pentax sort un jour un reflex numérique avec un capteur 15 ou 20 Mpixels, je crains que ce défaut « baveux » du 31mm ne devienne quasiment rédhibitoire !

 

Ce 31mm Ltd s’adresse donc à des Pentaxistes amoureux de la marque, photographiant aussi en argentique, désirant posséder un magnifique objectif de luxe et capables de corriger leurs fichiers images sur l’ordinateur en vue de tirages grand format s’ils sont exigeants. Une fois que cette correction des « CAs » aura été maîtrisée en post-traitement, le photographe sortira son 31 Ltd en toute quiétude !  

 

L’amateur moins fortuné, se limitant au numérique, trouvera dans le Sigma une alternative fiable, capable d’être très bon sur tout le champ en fermant à f8 : on pourra donc prendre son trépied pour faire de la carte postale de haut niveau. On aura aussi de bons résultats en faible luminosité où il excelle par sa polyvalence, ses bords mous jusqu’à f5.6 pouvant être transformés en avantage pour le portrait où c’est la zone centrale qu’on privilégie d’habitude.

 

Le 31 Ltd ? Oui... sur une liste de mariage ! C’est le plus beau cadeau à (se) faire pour un photographe ! Et le Sigma ? Un achat fiable et raisonnable, assurément !

 

A+