Test 85 mm : 7 objectifs spécial portrait
Pentax FA* 85/1.4 ; Pentax A* 85/1.4 ; Pentax FA 77/1.8 Ltd ; Pentax DA* 50-135/2.8  
 face aux Carl Zeiss Planar 85/1.4 ZF ; Samyang 85/1.4 et Leica-R Summilux 80/1.4

Salut à tous !

 

Rarement une si belle brochette d’objectifs luxueux avait été rassemblée sur le web... Grâce au Forum K par K, une petit équipe s’est montée autour de moi pour renforcer la qualité des tests d’objectifs que je concocte depuis 2 ans maintenant. Je remercie donc Gplr63 pour les prises de vue et le prêt de ses Pentax FA*, A*, Limited et DA*, Fourmix pour le prêt de son Zeiss 85, pour l’organisation du test et pour la rédaction de la prise en main, Agathetheblue pour le prêt de son Samyang et David de Leitax.com pour le prêt de son Leica 80 ! Il fallait rien moins que ça pour comparer ce qui se fait de mieux dans l’univers Pentax en focale spécial portrait... Cette page présente la 1ère partie de ce long test et on y traitera distorsion, vignetage, aberrations et résolution. La 2e partie est présentée ici (portrait/bokeh).

 

La focale de 85 mm est réputée dans le monde argentique pour ses qualités intrinsèques qui se prêtent idéalement au portrait. Son angle de champ de 28° permet d’isoler un visage à environ 2-3 m de distance, ce qui est une distance appréciable pour ne pas étouffer son sujet tout en gardant un contact suffisamment proche avec lui. L’absence de distorsion ne compresse pas les proportions humaines et le rendu des perspectives procure aux formes humaines un aspect plus naturel que les autres focales. Enfin, la focale de 85 mm est une formule optique savamment maîtrisée depuis des lustres et le piqué y est souvent très élevée dès la pleine ouverture. Ajoutons à cela la faculté de donner de beaux bokeh (qualité du flou des arrières-plans ) et on comprendra qu’aujourd’hui encore, sur capteur aps-c, cette focale est très recherchée par les photographes experts.

Le panel d’objectifs testé ici a été monté sur Pentax K20D, 14 Mpixels à 100 iso, soit en Jpeg Fine, soit en Raw. Toutes les vues ont été visualisées dans Silkypix après correction de l’exposition automatique et de la balance des blancs afin que les captures d’écran soit lumineuses. On a veillé à faire uniquement des mises au point manuelles avec stigmomètre K3. Et malgré l’imprécision éventuelle de certaines mises au point inhérentes à l’erreur humaine ou au flou de bougé, il faut préciser que tous les objectifs ont bénéficié des mêmes conditions de prises de vue, ce qui les place tous au même niveau dans ce test amateur. Ici, pas de banc-test MTF, que des images réelles, qui ne restent valables que pour les exemplaires testés ! L’utilisateur aura cependant des critères de comparaison avant achat et des points de repères après achat s’il teste soigneusement son propre exemplaire.

C’est parti pour la prise en main, réalisée par Fourmix !

Considérations techniques

SMC Pentax Fa* 85mm f/1.4 [IF]

 

Ouverture minimale: f/22, 8 lentilles en 7 groupes, SMC, Distance minimale : 0,85 m,

Mise au point : AF + manuelle, Mise au point interne, Nombre de lames de diaphragme: 9,

Dimensions: 79 x 70mm, Diamètre filtre: 67

Poids: 555 gr, Angle de champ diagonal: 28° 6’ (24 x 36) ; 18° 9' ( aps-c),

Accessoires : pare-soleil dédié, bouchons avant et arrière, housse souple tissu.

Matériaux utilisés fût : métal + plastique

Monture: KAF. Prix: occasion aux alentours de 900 €.

La fameux Fa* 85, ici en version 1 (la version 2 présente un paresoleil plus facile à monter) est une petite légende Pentax. La boîte classique grise Pentax contient l'objectif, son gros pare-soleil à finition argenté et une housse souple en tissu de qualité moyenne.

L'objectif est d'une finition exemplaire, tout métal à l'exception de la partie externe du fût, plastique peint. Tout cela doit être tempéré car l'on juge d'après des critères d'excellence.

L'on peut tout de même dire que ce Fa* rentre dans cette catégorie, mais est très légèrement en retrait face à ses camarades.

Pas de FREE (Fixed Rear Element Extension, optimisé pour les courtes et moyennes distances de mise au point). En retrait pour les distances de mise au point longues (paysages...) mais ça reste quand même très bon ! (mais pas au niveau des A* 85 et Fa 77).

Le pare-soleil volumineux est muni d'un flocage interne anti-réflexions ; il est difficile à monter en position de transport. Sa superbe lignée grise est très sujette aux chocs et coups (la peinture part facilement). Si bien qu'il est pratiquement impossible de la conserver « comme neuf » en utilisation courante. C'est un objectif AF, donc la bague de mise au point est fluide et comme monté sur coussin d'air. C'est un peu gênant pour la MAP manuelle, mais ça reste d'un niveau excellent. Cette bague est assez large (de l'ordre de 2 cm), qui peut se clamper en Av ou Ar pour passer du mode AF à MF en un tour de main (très pratique !) sans changer ce réglage sur l'angle gauche du boitier.

 

SMC Pentax A* 85mm f/1.4

 

Ouverture minimale: f/22, Formule : 7 lentilles en 6 groupes, Élément arrière fixée, SMC, Distance minimale : 0,85 m, Mise au point manuelle. Mise au point interne: NON.

Nombre de lames de diaphragme: 9 ;

Dimensions: 74 x 66mm, Diamètre du filtre: 67

Poids: 555 g

Angle de champ diagonal: 28° 6’ (24 x 36) ; 18° 9' ( aps-c)

Accessoires fournis : pare-soleil dédié caoutchouc, bouchons avant et arrière, housse rigide cuir.

Matériaux utilisés : fût en métal, baillonette en métal, bagues en métal + caoutchouc.

Monture: KA

Prix: occasion aux alentours de 900 €.

 

Ce Pentax est un objectif de la gamme A*, garante d'une grande qualité mécanique et optique.

 

Il est livré dans la boîte grise classique de chez Pentax, d'un design sobre et efficace. L'objectif est bien emballé et livré avec un étui cuir rigide de bonne facture, mais relativement encombrant.

Une notice et les papiers habituels l'accompagnent. Comme accessoire d'origine, on retrouve un pare-soleil souple vissant de qualité moyenne et peu profond. Il existe pour ce bijou un pare-soleil dédié en option, rigide, volumineux et rare. Il confère à l'ensemble un look rétro du plus bel effet (un peu à la manière des anciens Zeiss sur Contax).

La qualité de construction est de haut niveau, tout métal et inspirant confiance. Il n'y a pas de jeu dans les bagues. La bague de mise au point large, à revêtement granuleux et relativement fluide. Elle est très précise et se manie sans effort. La prise en main globale est bonne, l'objectif étant assez équilibré.

A noter la présence d'un élément arrière fixé (FREE, Fixed Rear Element Extension); ce qui permet l'optimisation de la qualité optique à toutes les distances de mise au point (en particulier l'infini).

SMC Pentax FA 77mm f/1.8 Ltd

 

Ouverture minimale: f/22, Formule optique : 7 lentilles en 6 groupes, SMC,

Distance minimale : 0,70m, Mise au point: AF et manuelle, Dimensions: 64 x 48mm, Diamètre du filtre: 49mm

Poids: 270g

Angle de champ diagonal: 31° 5’ (24 x 36) ; 21° ( aps-c)

Accessoires fournis: bouchons avant et arrière, housse souple tissu, Pare-soleil intégré coulissant avec flocage velours interne.

Matériaux utilisés : fût en métal, baillonette en métal, bagues en métal

Monture: KAF ; Garantie: 2 ans, Prix: 800 € en France.

 

La classique boîte grise de chez Pentax renferme l'objectif, les papiers habituels ainsi qu'une housse en cuir souple de bonne qualité. L'objectif surprend de par sa compacité et son poids raisonnable. La construction est très bien réalisée, tout métal.

 

Les mécanismes sont doux et sans jeu. L'objectif est muni d'un pare-soleil intégré coulissant revêtu à l'intérieur d'un flocage anti-reflets en velours. C'est joliment construit et très pratique.

 

Le bouchon avant de l'objectif est superbe, en métal avec le logo Pentax en relief. Recouvert à l'intérieur de velours vert, il parachève le sentiment de posséder un bel objet. Cet objectif, comme tout les FA Limited existe en deux finitions, noire (classieuse) ou silver (délicieusement rétro). La formule optique est la même que le A* 85 avec entre autre un FREE, qui optimise la qualité d'image à toutes les distances de mise au point. C'est un objectif AF, la bague de mise au point est donc fluide, mais assez agréable et précise à manipuler. Pour passer du mode AF au MF, il est toutefois nécessaire d'actionner ce réglage sur l'appareil, ce qui est moins pratique que le Fa* 85. Cet objectif est un must à utiliser au quotidien, sa compacité est un atout certain face aux autres « gros » objectifs dit « à portraits », et ce, pour une perte très relative d'ouverture.

 

Samyang/Vivitar/Polar/Wallimex...

85 mm f/1.4 Asphérique IF MC

 

Ouverture minimale: f/22, Formule optique:

9 lentilles en 7 groupes, Lentille asphérique: OUI, Revêtement multicouche: OUI, Distance minimale de 1m, Mise au point: manuelle, Mise au point interne: OUI

Nombre de lames de diaphragme: 8

Dimensions: 78 x 72,2mm, Diamètre du filtre: 72mm, Poids: 513 g.

Angle de champ diagonal: 28° 6’ (24 x 36) ; 18° 9' ( aps-c)

Accessoires fournis: pare-soleil dédié, bouchons avant et arrière, housse souple tissu. Filtre de protection MC pour certaines versions.

 

Matériaux utilisés: fût en métal, baillonette en métal, bagues en métal + caoutchouc.

Monture: KA (Pentax pKA)

Garantie: 3 ans

Prix: environ 230 € via ebay Pologne

 

 

Cet objectif récent (commercialisation débutée en 2009) est conçu et fabriqué par l'entreprise Sud-Coréenne Samyang (plutôt connue pour ses réalisations passées assez «douteuses»).

Mais, en 2009, une nouvelle gamme d'objectifs voit le jour (rebadgée chez d'autres distributeurs : Polar, Opteka, Vivitar, Falcon, Rokinon, Bower, Wallimex...)

A l’ouverture de la boite, le Samyang ainsi que le pare-soleil fourni sont emballés dans des sachets plastiques et logés dans 2 morceaux de plastiques moulés assez cheap. Néanmoins, il apparaît que l'ensemble est assez bien calé. Une petite notice est fournie, les papiers de garantie, etc... Il convient de bien choisir une version pKA (avec le réglage A) car certains exemplaires en sont dépourvus. Une housse tissu d'assez bonne facture est fournie, malheureusement elle s'avère être trop petite pour accueillir l'objectif avec son pare-soleil (monté à l'envers sur le fût).

Un filtre MC était fourni avec cet objectif.

La construction tout métal est soignée et rappelle la qualité de fabrication des objectifs de la série EX de Sigma. Un revêtement légèrement granulé recouvre l'objectif (un peu à la manière des reflex Nikon). La bague de mise au point est large et progressive, assez «contraire de fluide», mais ça n'est pas trop gênant, c'est même plutôt bénéfique à la précision. La bague des ouvertures ne présente pas d'accroc et est bien ajustée. Les deux bagues ne souffrent d'aucun jeu. Le pare-soleil plastique n'est pas de bonne qualité et est difficile à installer sur l'objectif. Le bouchon avant plastique est moyen et se monte assez facilement. La mise au point est interne (IC), l'objectif ne s'allonge pas lors du changement de mise au point. A l'usage, ce Samyang s'avère agréable à manipuler, son aspect visuel est bon.

Carl Zeiss Planar 85mm f/1.4 ZK

 

Ouverture minimale: f/16, Formule optique : Planar, 6 lentilles en 5 groupes. Revêtement multicouche : T* ; Distance minimale : 1m

Mise au point: manuelle. Nombre de lames de diaphragme: 9 ; Dimensions: 77 x 85mm

Diamètre du filtre: 72mm ; Poids: 600g

Angle de champ diagonal: 28° 6’ (24 x 36) ; 18° 9' ( aps-c)

Accessoires fournis: pare-soleil dédié, bouchons avant et arrière. Matériaux utilisés :  fût en métal,

Baillonette en métal, bagues en métal

Monture: ZK (Pentax pKA)

Prix: environ 1300 € en France

 

La boite  du Carl Zeiss est d'un design épuré, avec un visuel montrant la formule optique de l'objectif et ses principales caractéristiques. On notera la présence d'un logo holographique du plus bel effet. Tout cela donne un aspect bling bling du meilleur goût ;-)

La formule optique mythique Planar évoquera chez les amateurs des souvenirs émus, utilisée déjà à l'époque pour l'ancienne version Contax Yashica de cet objectif. Un traitement des surfaces a été effectué pour une optimisation sur nos capteurs numériques.

L'intérieur de la boite est lui même bien fichu, l'objectif calé dans deux pièces de polystyrène denses, moulées aux proportions et présentant aussi un emplacement pour le pare-soleil. Le tout est emballé dans deux sachets plastiques.

 

Une petite notice et les papiers de garantie habituels sont fournis, ainsi qu'un certificat de qualité individuel signé.

Le déballage s'effectue avec une certaine fébrilité. On notera d'emblée le poids respectable de cet objectif (600 g), a « big piece of glass », comme diraient nos amis outre-atlantique. La construction est extrêmement bien réalisée, tout métal, les pièces mobiles sont ajustés au micromètre près et ne présentent aucun jeu.

La superbe lentille avant se laisse regarder avec amour et appelle (pour ma part) à l'utilisation d'un filtre de protection.

Le souci du détail est impressionnant, la bague chromée qui sert à clipser le pare-soleil est un joli clin d'œil au style des optiques anciennes et parachève la belle gueule de ce Zeiss. Le clipsage du pare-soleil dédié tout métal est facile, sa mise en place pour une position de transport l'est tout autant. Ce dernier est muni d'un flocage velours interne, visant à réduire les reflets parasites.

La prise en main est excellente et la bague de mise au point est assez large et pourvue de reliefs parallèles agréables anti-glissement. Elle est d'une bonne progressivité. A noter qu'elle peut paraître assez « raide » tout en étant souple, ce qui est gage d'une excellente précision, au détriment toutefois d'une certaine rapidité.

Le bouchon d'objectif avant plastique ne manque pas de style mais se révèle un peu délicat à clipser, le bouchons arrière est facile à mettre en place et son design est un rappel de la bague de mise au point.

La bague de diaphragme est crantée et précise. Une échelle des distances est sérigraphiée sur le fût de l'objectif. On notera une distance de mise au point minimal légèrement élevée (1m), ce qui peut être un inconvénient dans certains situations. La mise au point n'est pas interne, mais le porte filtre ne tourne pas pendant la mise au point. Le revêtement multi-couches T* est réputé comme étant ce qui se fait de mieux dans la marque. Un léger bémol, pour ce prix, Carl Zeiss aurait pu fournir une housse de transport.

L'ensemble très positif de cette première prise en main s'avère alléchant pour la suite. Cet objectif va-t-il en donner autant optiquement que laisse envisager sa construction au sommet ? Avec le passé de Carl Zeiss et de cet objectif en particulier, on peut s'attendre au meilleur !

 

 

 

 

Leica-R Summilux 80mm f/1.4

 

Ouverture minimale: 16, Formule optique : 7 lentilles en 5 groupes

Distance minimale de mise au point: 0,80m ; Mise au point: manuelle

Nombre de lames de diaphragme : 9

Diamètre du porte filtre: 67 mm

Poids: 700g

Accessoires fournis: bouchons avant et arrière ; Pare-soleil intégré coulissant. Matériaux utilisés : fût en métal, baillonette en métal, bagues en métal

Monture: K (via bague Leitax)

Prix: occasion aux alentours de 1000 €

 

Pour finir avec les monstres sacrés, un magnifique Leica Summilux 80 (l'appellation Summilux signifie chez Leica une ouverture maximum de f/1.4).

 

Merci au généreux David de Leitax de nous avoir prêté une telle beauté. De par la difficulté de trouver cet objectif complet avec sa boîte d'origine, nous n'avons pas pu donner nos impressions à ce niveau.

 

Ce qui frappe de prime abord, outre la qualité de construction impressionnante (du même niveau que le Carl Zeiss), c'est le poids de la bête. Il s'agit du plus lourd des 85 testés ici. Et cela se ressent lors de son utilisation. Au bout de 2h de balade, j'avais un peu mal au bras, mais quel plaisir de manier un si bel engin ;-)

 

 

 

Les bagues sont assez raides mais cela permet une excellente précision dans la mise au point et dans le choix de l'ouverture. A noter à ce propos que l'objectif n'est pas muni des fonctionnalités « Auto » ; on doit donc l'utiliser comme un objectif m42 ou un M lazarisé (mon con de pc ne connaissait pas ce terme, je l'ai donc rajouté à son dictionnaire ;-) ; ç-a-d en stop down (ouverture de diaph réel) en mode Av ou M avec le bouton vert.

 

Un pare-soleil coulissant est intégré à l'objectif, muni de rainures à l'intérieur afin d'éviter les reflets parasites. Il n'est pas très profond et j'imagine donc un peu moins efficace qu'un gros pare-soleil. Le bouchon d'objectif avant en plastique est facile à clipser et possède le logo Leica en relief, la classe !

 

D'aucuns pourraient se poser la question du bien fondé d'inclure un zoom dans ce test. Nous avons pensé qu'il serait intéressant de comparer les performances du haut de gamme de chez Pentax face à des focales fixes. Par exemple pour les possesseurs de ce zoom afin que cela puisse éclairer leur éventuel choix d'achat d'une focale fixe. Nous avons donc choisi de faire concourir le Pentax DA* 50-135 /2.8 à la focale de 85mm.

 

En guise de conclusion à  cette prise en main, je dirais que tous ces objectifs sont d'excellente qualité de fabrication. Le Samyang est un peu en retrait sur ses camarades mais compte tenu de son prix vraiment attractif, on lui pardonnera sans problème. Tous possèdent leur propre charme et il me serait difficile de faire un choix définitif si l'on me le proposait !

Test Vignetage

Au niveau du vignetage, tous les objectifs en lice sont sujets à un assez fort assombrissement des angles à la pleine ouverture de f1.4. A f2, c’est le Leica, suivi de près par le Samyang, qui montre la meilleure luminosité globale. Le Zeiss montre encore un peu de vignetage tandis que les Pentax FA* et A* y sont encore bien sujets. C’est le FA 77 qui ferme le rang en terme de performances. Tout rentre dans l’ordre à f2.8 pour tous ces objectifs. Le zoom est à la peine puisqu’il ne devient homogène qu’à f5.6 seulement, soit après deux valeurs de diaph, tout comme ses camarades...

En terme de réalité sur le terrain, ce seront les Leica et les Pentax qui présenteront le plus grand effet « spot » à pleine ouverture. C’est un atout pour mettre en valeur les visages. Et au pire, ce défaut se corrige très facilement en post-traitement. Le Samyang montre ici une bonne santé vu son faible prix et sa lentille asphérique lui est d’un grand profit. Au final, comme nous l’avons déjà dit plus haut, toutes les formules optiques des 85mm sont bien maîtrisées et le vignetage, quand il est visible, n’est jamais effrayant.

Test Distorsion

Sur le plan de la distorsion, rien de grave à signaler. Tous font peu ou prou jeu égal. Seul le zoom montre une légère déformation en coussinet qui s’explique par une formule optique plus complexe, puisqu’elle donne des angles de champ variables. Les focales fixes font beau jeu face au zoom. On pourra donc utiliser sans inquiétude un 85mm pour tous types de reproduction, pour l’architecture, le graphisme en studio et le portrait humain bien sûr ! Pour chipoter, on notera que le Samyang accuse un poil plus de distorsion en barillet que ses grands frères, mais cela restera invisible dans la vraie vie...

Test Exposition

Les Pentaxistes en K10D/K20D ont souvent expérimenté des soucis d’exposition avec leur boitier. Les K-m, K-x et K7 semblent mieux réglés si on en croit les commentaires des utilisateurs. Dans le test suivant, j’analyse le comportement des objectifs en Mode AV (priorité à l’ouverture) avec les 6 concurrents disposant de la monture Ka ou Kaf. Seul le Leica a été utilisé en mode M.

Le FA 77 affiche la meilleure stabilité d’exposition, ainsi que le Zoom DA*. Tous les autres surexposent d’1 IL à pleine ouverture. Dès f2, c’est le Samyang qui réagit avec le plus de régularité. A partir de f2.8, tous ont le même comportement régulier.

 

Si l’on en croit le correcteur d’exposition de Silkypix, qui rétablit très finement les meilleures valeurs d’exposition en post-traitement sur ordinateur, le Leica en stop down a montré une sous-exposition d’environ -0.6 IL à f1.4, puis -1 IL à f2 puis

-1.6 IL aux autres ouvertures.

 

Le FA 77 a, quant à lui, subi une sous-ex chronique et régulière de - 1 IL à chaque prise de vue. Il ressort donc de ce test que le K20D de notre opérateur sous-expose systématiquement avec tous les objectifs, mais que cette sous-exposition varie plus ou moins selon l’objectif et la valeur d’ouverture choisie. Avis donc aux experts : faites des tests d’exposition pour juger le comportement de votre 85mm (et des autres focales de votre fourre-tout !) afin de compenser, avec de l’habitude, les aléas de la cellule Pentax.

Test Aberrations chromatiques

Pour juger des aberrations chromatiques, voici un test qui est particulièrement cruel puisqu’une partie est réalisée en studio. Il faudra donc tempérer le jugement final entre les deux scènes proposées !

Je publie tout d’abord des captures à 100% de la scène de branchages ci-dessus. C’est une vue sous forte lumière naturelle prise à 12 m qui rendra compte de façon réaliste du taux d’aberrations propre à chaque objectif sur le terrain. Cette scène est comparée à f1.4 et f2.8.

Pour compléter ce premier aperçu, je propose ensuite un autre montage tiré des détails flous issus du test de bokeh qu’on verra plus tard. Les détails choisis se situent à environ 5 m du capteur. Cela permettra de voir d’autres types d’aberrations en faible lumière sur des contrastes très forts (mire N&B). Ce 2e test présentera des vues à f1.4, f2.8 et f5.6.

On peut déjà mettre en évidence que le zoom DA*, plus récent, apporte une correction excellente des aberrations chromatiques. Il bénéficie des dernières technologies de traitement des lentilles pour capteur numérique. On voit le parcours accompli par les ingénieurs...

Sur le terrain, toutes les focales fixes sont sujettes aux aberrations à la pleine ouverture de f1.4. C’est le Leica qui montre le meilleur comportement et c’est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un des objectifs les plus anciens de ce test, il date de 1994 d’après son numéro de série ! Le Zeiss est aussi plus performant que les Pentax et Samyang, profitant de son fabuleux traitement T* qui a fait la réputation de la marque.

Les Pentax sont quand même bien à la traîne sur le plan de la correction des franges colorées. La pleine ouverture se révèle problématique avec les FA* et A* qui se comportent de façon identique, résorbant pas mal le problème en fermant de deux crans. Le FA 77 est un peu plus fiable mais le problème sera parfois très visible selon les vues. Le Samyang accuse un peu le coup. Il est du niveau du Pentax FA 77, ce qui somme toute est plutôt bien, compte tenu de son tarif très abordable.

Il faut aussi rajouter une dernière considération : les aberrations chromatiques dépendent beaucoup du capteur de l’apn utilisé. J’ai par exemple noté que le D700 Full Frame engendre moins d’aberrations que les capteurs Pentax aps-c que j’ai eus (K10D, K10d Grand Prix et K-m). Il serait intéressant de tester des K10D / K20D / K-m / K-x et K7 avec le même objectif ! Le résultat serait vraiment sympa à analyser ! Cette petite précision devait être apportée pour relativiser les performances assez faibles des 85mm ultra-lumineux sur Aps-c à f1.4...

Test Rendu des couleurs

Avant de passer au test de résolution pure, avec la mire en studio et une vue d’horloge dans le lointain, il m’a paru important d’analyser le rendu des couleurs de ces objectifs. Le photographe qui investit 800 ou 1000€ dans un objectif est en droit d’attendre des performances de haut niveau pour le rendu des couleurs. C’est l’une des caractéristiques qui ont fait la réputation des Zeiss et des Leica et les comparer avec les Pentax me semblait indispensable !

 

Nous avons donc choisi une scène simple mais évocatrice par la multitude de teintes dégradées disponibles. Les objectifs ont été testés à leur meilleure ouverture de f8 et les détails choisis ont été corrigés dans Silkypix avec l’exposition automatique afin que chaque image soit lumineuse et au meilleur de ses capacités réelles.

Il appartient au lecteur de faire son propre choix dans le classement final ! « Tous les goûts sont dans ma nature » chantait Dutronc !... Personnellement, c’est le Leica que je placerais sur la plus haute marche du podium pour la luminosité de ses teintes qui vibrent davantage que les autres, qui me semblent plus discriminantes. Et c’est le Samyang que je placerais sur la dernière marche du palmarès, sans hésitation possible ! Entre eux deux, le Zeiss serait en 2eme place suivi de près par le FA *. FA 77 et A* arriveraient en avant-dernière position...

Je reconnais que le classement sur une seule scène analysée est un peu rapide... On verra dans les tests de paysage urbain et de portrait d’autres exemples de rendu des couleurs. J’espère que cela vous aidera à départager les concurrents si mon classement vous laisse sceptique ;)

Test de résolution sur mire

Aïe aïe aïe ! Ca va pas mal, Ursule, ça va pas mal... On vous avait dit qu’on allait pousser les objectifs dans leurs retranchements ! Quand on voit les détails sélectionnés sur la mire, qui se situe à 5.5 m du plan focal, on peut dire qu’on a été cruels ! Dans la vraie vie, jamais on aura besoin d’un pouvoir de résolution élevé dans les petits coins du cadrage... Mais comme tous les objectifs ont été testés dans les mêmes conditions, cela permettra d’extirper tout le « jus de leur homogénéïté ».

 

Les montages des détails à 100% plus bas présentent des images qui ont été visualisées dans Silkypix après traitement auto de l’exposition et de la balance des blancs, c’est-à-dire dans les conditions réelles d’une image exploitée par un photographe expert qui soigne ses Jpgs sur ordinateur avant de les donner à tirer au labo.

 

 

Vavavoum ! Le FA* dépote pas mal ! Une homogénéïté pareille dès f1.4 à 5.5 m laisse rêveur ! Gplr, tu as là une bête de course, supérieur même au Leica qui arriverait en 2e position. On pourrait sans doute placer le Leica à la première place à égalité avec le Pentax FA* car son absence d’aberrations lui apporte un pouvoir de résolution plus grand au centre du champ. Le Zeiss et le A* ont un contraste plus prononcé mais une homogénéïté moins grande : va pour une égalité sur la 2e marche du podium ! En 3e position viendrait le FA 77 pour sa qualité au centre du champ. Le Samyang quant à lui fait ce qu’il peut, c’est à dire pas grand chose de très remarquable... C’est mollasson, ça bavouille, faudra pas pas être trop exigeant avec lui à f1.4 !

A f2, le piqué du FA* se renforce mais reste un peu mangé par ses fortes aberrations chromatiques. C’est dommage mais pas irréversible. Avec un petit post-traitement adapté sur ordinateur, on pourra lui renforcer son contraste et ce sera tout bon ! La tonalité bien contrasté du Zeiss commence à s’exprimer ici. Le Leica carbure bien, genre « je peux tout shooter sans complexe »...

Les FA 77 et A* ne progressent pas vraiment. Le Samyang attend que ça se passe... Franchement, je suis sceptique sur les images que le petit coréen nous fournira sur les scènes de la vie réelle à f1.4 et f2...

A f2.8, tous les concurrents atteignent un niveau de résolution fiable et excellent. Le Leica plane au-dessus du lot mais tous les autres donnent satisfaction ! Même le Samyang arrive enfin à la hauteur de ses aînés. Mention spéciale au Zoom DA* qui tire très bien son épingle du jeu dès sa pleine ouverture.

Bon, on arrête les frais ici ! Les tests sur mire dès f4 deviennent excellentissimes pour tous, mais ça, tous les Pentaxistes avertis le savaient !

Déplaçons-nous à présent sur le terrain pour aller chercher notre belle-mère en haut de l’horloge de la Gare SNCF...

Test de résolution en paysage

Pour le dernier test de cette page, avant les portraits qui seront publiés plus tard dans un autre article, nous avons choisi un paysage urbain dans un axe légèrement décalé pour juger de l’homogénéïté et de la profondeur de champ de chaque objectif.

 

La mise au point est calée à l’infini avec le net fait au stigmomètre sur l’horloge. Les détails choisis sur l’ensemble du champ sont censés rendre compte de la précision du piqué et du rendu des couleurs en mode AV, en laissant travailler le boitier pour déterminer une vitesse...

 

Les détails des montages ci-dessous sont visualisés sans retouche. On commence par la valeur de f2.8, puis f4 pour voir s’il y a eu une amélioration, puis f8 qui est censée être la meilleure valeur de travail sur capteur aps-c (la diffraction pouvant entrer en jeu dès f11 et amoindrir la précision optique).

Notons tout d’abord l’excellente tenue du zoom DA* à la pleine ouverture. C’est un objectif fiable et d’autant plus appréciable qu’il offre un confort de cadrage bien supérieur aux focales fixes. Le Leica possède encore une fois la meilleure homogénéïté et le plus beau rendu des couleurs, à la fois soutenu et lumineux. Le A* arrive juste derrière avec une très bonne résolution et une petite surex qui mange son contraste. Le Samyang offre un rendu très acceptable, avec des aberrations un peu plus fortes que les Zeiss et FA* légèrement plus percutants. Le FA 77 est un peu à la peine sur ce comparatif. Au final, on peut vraiment se montrer satisfait de ce genre d’images. Seule l’image du FA 77 est irrecevable mais un décalage de mise au point peut expliquer le constat.

Voilà ! Vous en savez un peu plus à présent sur les capacités réelles de chaque objectif à vous donner ou non satisfaction. Le Leica est à mon avis l’objectif le plus précis. Son micro-contraste visible dans la grille du balcon par exemple est très intéressant à observer. Le Zoom DA* est aussi un champion quand on lui donne les moyens de s’exprimer à f8 ! Le Samyang ne démérite pas, si ce n’est par des franges colorées omniprésentes dans les nuances claires qui amoindrissent son pouvoir de résolution assez élevé.

Zeiss et Pentax A* sont les deux objectifs qui se ressemblent le plus, avec un petit bonus pour le A* dans le piqué aux grandes ouvertures.

Les 2 focales autofocus de ce test, le FA* et le FA 77, semblent avoir peu apprécié la mise au point manuelle. Leurs bagues des distances est un peu moins ferme et progressive que celles des autres concurrents MF et cela explique peut-être leurs performances un peu en-dessous des autres... On comprendra bien aussi la difficulté de focaliser au même endroit pour chaque objectif, « l’errare étant humanum » : seul un test comparatif sur banc-MTF aurait pu être digne de confiance. Le K20d n’offre pas non plus la précision d’un D700 dans la mise au point manuelle. Avec un D700 en mode Liveview et loupe au maximum, on arrive à une précision extraordinaire dans les mises au point sur trépied. Il faudra à terme que notre opérateur bien-aimé s’équipe du K7 quand les tarifs seront devenus raisonnables et on réduira un peu plus nos marges d’erreur dans les tests !

Bilan final de cette 1ère partie du test

Pour conclure ce comparatif au long court, il restera à présenter la séance de portrait qui est la principale raison d’être de ces focales fixes ! Encore une fois, et c’est davantage vrai dans ce genre de test avec un sujet humain et bougeant, les mises au point manuelles sont très difficiles à réaliser et cela nous demande un peu plus de temps pour concocter un test pertinent.

 

Nous publierons donc le test portrait/bokeh plus tard dans une autre page du site.

 

On peut cependant tirer dès à présent quelques marrons du feu. La logique des tarifs est tout à fait respectée au vu des performances de chaque objectif. Plus c’est cher et meilleur c’est ! Personnellement, c’est le Leica-R Summilux 80 qui me semble cumuler les plus beaux résultats d’ensemble. Mais il faudra être fortuné, chanceux pour le trouver d’occase et adepte de la mise au point manuelle. Son équivalent direct au niveau tarifaire est le FA* 85 et celui-ci offrira le confort de l’autofocus au détriment, il est vrai, d’aberrations chromatiques plus gênantes aux grandes ouvertures.

 

Selon moi, les Zeiss et Pentax A* font jeu égal tant pour le tarif que pour les performances. Sachant que le A* est rarissime, l’expert se rabattra sans hésiter sur le Zeiss et sa présentation luxueuse.

 

Le Pentax FA 77 me parait moins désirable que le FA* 85. Il est plus facile à dénicher mais ses performances sont moins percutantes, ses aberrations plus problématiques et sa focale plus courte moins saisissante. Il n’en demeure pas moins une valeur sûre pour le Pentaxiste, qui devra parfois post-traiter ses images en vue de les rendre parfaites pour de grands tirages d’expo.

 

Le Samyang me laisse un peu plus dubitatif. Il est d’un rapport qualité/prix excellent mais en terme de qualité d’image, de couleurs, de piqué, il reste quand même assez en retrait avant f2.8... Sans doute demeure-t-il un excellent moyen de s’initier à la focale de 85mm manuelle à moindre frais avant de passer au cran supérieur quand l’oeil du photographe sera devenu plus exigeant. On pourra aussi doper allègrement ses performances aux grandes ouvertures en post-traitant savamment ses RAW ou ses Jpgs dans un bon développeur comme Silkypix  (et il en existe d’autres) !

 

On a vu les bonnes performances du Zoom DA* à toutes les ouvertures... Peut-être est-ce le début de la sagesse de commencer par s’équiper avec lui. On disposera du confort du zoom, de l’AF et de performances de bon niveau pour rentrer tout doucement dans le monde des 85mm... Et patienter tranquillement pour économiser le budget d’un VRAI 85 mm car il faudra allonger 800€ au bas mot !

 

De quoi faire râler les Pentaxistes, non, quand on saura que Nikon propose en neuf un Nikkor AF-D 85/1.8 à 300€ (via l’import Hong-Kong), finition tout métal, avec son pare-soleil dédié et des performances dignes du FA* 85 !! Mr Pentax, je le dis et le redirai : vous et vos tarifs planez au-dessus des réalités et c’est pas sympa de nous traiter comme ça !

 

Merci pour votre visite et à bientôt pour le test des 85 mm en situation de portrait. A+

Première partie : performances optiques et résolution

© Lazare.Caspi - www.monuniverspentax.com - Fev 2010

Le suite du test 85mm Portrait est ICI