Test SMC DA 16-45mm f4 ED AL contre SMC DA-L 18-55mm f3.5-5.6 AL sur Pentax K-m :
Les 250€ de plus sont-ils justifiés ?
Salut à tous !
J ‘ai acquis le Pentax DA-L 18-55mm en kit avec le K-m. Sa valeur d’occasion est
d’environ 50€. Puis, j’ai trouvé un zoom DA 16-45mm d’occasion sur le forum K10D
pour 210€. Je me suis donc amusé à les comparer sur le K-m et je vous livre ici mon
constat d’utilisateur exigeant.
Est-ce que la différence de prix est justifiée ? Le DA 16-45mm neuf vaut dans les
300/350€.
Considérations techniques
Comme on peut le constater d’après les données constructeur, le DA 18-55 à gauche
comporte une seule lentille asphérique. A droite le DA 16-45 comporte deux lentilles
asphériques en vert et une lentille ED à faible dispersion en bleu. Le 16-45 est
plus volumineux, plus lourd et semble sur le papier bien plus « costaud » en terme
de qualité d’image.
Leur lentille frontale permet de constater par leur taille que le DA 16-45 reçoit
deux fois plus de lumière à 45mm f4 que le 55mm f5.6.
Investir dans des filtres UV et polarisant de 67mm pour le 16-45 coûtera donc bien
plus cher que pour le petit filtage 52mm du 18-55.
Le DA 16-45 possède le système Quick-Shift de retouche manuel du point sans débrayer
l’AF, système dont est privé la version DA-L (light) 18-55. A noter que le quick-shift
est présent sur le DA 18-55 (12 lentilles en 9 groupes) et le DA 18-55 II (11 lentilles
en 8 groupes) qui a la même formule optique que le DA-L plus léger de 24 gr (grâce
à une baionnette plastique).

Côté finition, ils se ressemblent : même type de revêtement caoutchouc, même genre
de fluidité des bagues sans trop de jeu : la famille DA est plutôt bien construite.
Mais différence importante : l’allongement du fût optique du DA 16-45 en position
grand angle. Le DA-L 18-55 ne grandit que de 2 cm à 55mm.
Cette particularité va influer énormément sur le vignettage que provoque le fût lors
des photos avec flash intégré.
Les vignettes ci-contre ont été prises avec le flash intégré du K-m vers le plafond
d’une chambre dans la pénombre. On constate qu’avec son paresoleil en corolle, la
DA 16-45 n’est utilisable sans ombre portée qu’entre 45 et 35mm. Avec des focales
inférieures, l’ombre portée du paresoleil est si visible que la photo est bonne à
être jetée ou recadrée de beaucoup !
Après avoir retiré le paresoleil, on gagne pas mal en focale : on peut descendre
à 24mm. Mais de 23 à 16mm, il faudra oublier le flash intégré et installer un flash
cobra dont la hauteur permettra d’éviter l’ombre du fût.
Le DA-L 18-55 sans paresoleil est quant à lui utilisable à 18mm sans problème avec
le flash intégré. Si on garde le paresoleil, on aura une ombre portée à 18mm presque
équivalente à celle du 16mm sans paresoleil.
Grand angle et distorsion entre 16mm à 18mm
L’un des arguments majeurs qui peuvent donner envie d’échanger son DA 18-55 contre
un DA 16-45 concerne la position grand angle : 2mm sur capteur aps-c sont beaucoup
! 24mm contre 27mm en équivalent argentique.
La scène ci-contre a été prise du même point de vue, à environ 7 mètres. On apprécie
l’ampleur du champ du 16mm et la distorsion en barillet bien visible pour les deux
objectifs.
Il faudra donc rectifier l’image en post-traitement si on veut obtenir de belles
lignes droites. Pour la distorsion, la différence de prix entre les deux objectifs
n’est pas un bon investissement...

Sur le terrain, le grand-angle est surtout utile quand on ne peut pas reculer.
Voici à droite un cas parlant : impossible de reculer sinon la balustrade en ciment
du barrage rentrerait dans le champ. On est donc obligé de s’appuyer sur elle pour
saisir le paysage. Notez la ligne d’horizon et voyez ensuite ce que donnent 2mm de
focale en plus entre le 18 et le 16mm... Pas génial pour 150/200€ de plus...
Rien ne vaut les zooms Ultra Grand-angle 10-20 ou 12-24mm pour ce genre de scène
paysagiste (Mais c’est un investissement important de 400€ au bas mot !).
Test AUTOFOCUS : aïe aïe aïe, la galère arrive !

Depuis 3 mois de photos en K-m, j’ai été très agréablement surpris par la qualité
de son autofocus : avec le zoom DA-L 18-55, le SMC F50mm 1.7, le Sigma Apo macro
70-210mm, j’ai très peu de déchets liés à l’AF.
Quelle déception de constater que le DA 16-45 ne s’est pas montré à la hauteur sur
mon K-m. Le précédent propriétaire de ce zoom avait de bons résultats AF avec son
K20D. Les images tests qu’il m’a envoyées avant achat me l’ont confirmé : même à
f4, le piqué était là !
Au cours de ma balade test comparative, j’ai eu 40% de photos floues avec le DA 16-45
sur k-m, comme le montre la planche-contact de gauche.
Entre 16 et 35mm, toutes les mises au point étaient floues. Je devais donc zoomer
à 45mm, faire l’AF en point central et dézoomer avant de déclencher : mais même avec
cette manip, on voit que le résultat d’ensemble est catastrophique, seulement 60%
de réussite (12 nettes/20)!
A l’heure où j’écris ces lignes, ce DA 16-45 a été revendu sur Ebay pour la même
somme achetée !! C’est triste car on verra plus bas qu’en terme de piqué, quand c’est
net, c’est pas mal du tout !
Avec un K20D et son réglage personnalisé de l’AF, j’aurais sans doute pu obtenir
un résultat parfait à toutes les focales, mais sur le K-m qui n’a pas de réglages
utilisateur pour l’AF, la seule solution aurait été le retour en SAV du boitier et
du zoom pour réglage interne... Au risque que l’AF ajusté par le SAV soit ensuite
déréglé pour mes autres objos... ;((
Je n’ai pas voulu prendre ce risque en restant en plus privé de reflex pendant 1
mois.
Quand l’AF a bien fonctionné, les photos comparatives sont très nettement à l’avantage
du DA 16-45 à toutes les focales et toutes les ouvertures. Par exemple, ci-contre,
à 24mm f5, soit ½ diaph de fermeture, le contraste et la définition du zoom ED sont
très visiblement supérieurs.
Ce zoom possède aussi une profondeur de champ plus étendue que celle du DA-L 18-55.
Les zones de netteté sont plus larges aux mêmes focales et mêmes diaph.
J’ai aussi constaté que le zoom ED donnait plus de détails dans les branchages du
lointain grâce à un contraste plus fort dans les applats colorés genre ciel bleu.
A droite, malgré une surexposition d’1/3 IL pour le DA-L 18-55, le rendu global du
zoom ED est plus lumineux et contrasté.
On notera parfois des abérrations chromatiques violettes dans les forts contrastes
mais quel zoom numérique en est parfaitement exempt ?
A pleine ouverture, à 35mm, comparé au DA 35 limited, le Zoom ED se situe dans une
qualité moyenne, mais très honorable et meilleure bien sûr que celle du DA18-55.
On peut faire le même constat, à 45mm f5.6, comparé au smc F 50 1.7. Le petit zoom
DA-L s’en tire pas trop mal, la variation de mise au point explique les petits décalages
de netteté. Cela dit, 45mm est une focale où le zoom ED est un peu plus faible. Pas
génial pour le portrait comme on va le voir sur le test de bokeh (fond flou).
A 45mm f4, comparé au smc F 50 1.7 , les floutés manquent de moelleux. Sur ce critère
le DA-L à 55m fait mieux que le zoom ED. On voit ici à quoi peuvent servir ces « fameuses »
focales fixes, peu pratiques sur le terrain mais si utiles pour les beaux rendus
photos que la réalité des yeux ne sait pas rendre.
Pour les vues en proxy-photo, le zoom ED à 45mm n’est pas génial. Les vues ci-dessous
ont été faites à 60cm environ. Si vous voulez faire du portrait ou isoler des détails
dans un jardin l’été par exemple, il vaudra mieux disposer d’un DA 18-55 ! Avec un
peu de soleil pour diaphragmer à f8, le rendu sera bien meilleur qu’avec le zoom
ED.


Alors ? Le gros ou le petit ?
Bon, en ce qui me concerne, le petit : il est fidèle en AF et sa focale de 18mm permettra
à l’usager de patienter pour économiser et prendre un vrai zoom ultra grand angle.
Les 2 mm de plus du Zoom DA 16-45 en grand angle ne justifie pas l’écart de prix.
Le DA-L ne prend pas de place dans le fourre-tout et fait des photos de famille très
correctes avec ou sans flash. Il donne aussi accès au portrait (ensoleillé ou au
flash) et à la proxy-photo au grand air.
Le zoom DA 16-45 plaira sûrement aux paysagistes qui aiment le confort d’utilisation
et le piqué en fermant à f8 mais il ne sera pas très agréable pour isoler un visage
ou un détail en balade. Trop court en focale. Certes c’est un zoom qui fera « plus
sérieux » : mais on le paiera en encombrement (et en filtres chers !) et il faudra
acheter un flash cobra pour l’intérieur (200€, une paille !).
Mon conseil : si vous n’avez pas déjà un DA 18-55, prenez-le, et si vous l’avez,
ne le changez pas pour un DA 16-45 : mettez plutôt 200€ dans un SMC F ou FA 50mm
f1.7 (ou 1.4) pour avoir un superbe complément optique sur le range le plus faible
du zoom.
Et si vous avez déjà le DA 16-45 : l’achat d’un 50mm fixe sera très judicieux et
vite amorti ! ;)
A+