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Méga-TEST COMPARATIF M42 russes : Helios 40-2 [85mm f1.5] contre Jupiter 9 [85mm f2]

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Salut à tous !

 

Amoureux des objectifs russes depuis 2-3 ans, j’ai acquis récemment un vieux Jupiter 9 de 1976 avec lequel j’ai réalisé quelques jolis portraits au bokeh (fond flou) bien crémeux ! (voir en fin d’article).

 

Fourmix, mon collègue modérateur du Forum K10d, m’a prêté son Helios-40-2 de 1984 pour en faire un test comparatif : merci à lui !

 

Ce sont donc 2 objectifs spécial portrait, en monture M42, adaptables sur Pentax avec des bagues M42/K (expliqué en détail ici). Ils sont très lumineux f1.5 / f2 pour procurer de beaux floutés d’arrière plan et leur focale de 85mm (idéale en argentique) donne un équivalent 120mm sur reflex numérique, ce qui est très correct pour rester éloigné du sujet (entre 2.5 et 5 m le plus souvent).

 

En avant pour cette découverte qui intéressera plus d’un photographe avec un budget photo limité !

 

 

Considérations techniques

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L’Helios 40-2 (2 pour 2e version car il existe un 40 plus ancien, années 1950-60) est donc un 85 mm (85,18 mm) avec un Angle de vision de 28 °, calculée pour le format d'image 24x36 mm. Formule optique de 6 lentilles en 4 groupes (Résolution TU (centre / bord) : 36/17 l/mm)

Distance de mise au point minimale de 0,8 m, ouvertures des diaphs de 1,5 à 22

Nombre des pétales de l'iris : 10. Monture M42, filtre avant 67mm. Longueur de l'objectif avec couvercle: 110 mm, Poids : 1185 g.

Le Jupiter 9 est aussi un 85 mm (84,46 mm) avec un Angle de vision de 28 °, calculée pour le format d'image 24x36 mm. Formule optique de 7 lentilles en 3 groupes (Résolution TU (centre / bord) : 30/18 l/mm)

Distance de mise au point minimale de 0,8 m, ouvertures des diaphs de 2 à 22

Nombre des pétales de l'iris : 15. Monture M42, filtre avant 49mm. Longueur de l'objectif avec couvercle: 80 mm, Poids : 400 g.

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On aura remarqué la différence de carrure entre les deux objos ! L’Helios est quasiment 3 fois plus gros et heureusement, il est muni d’un collier de fixation qui se règle avec une vis souple et ferme pour le faire pivoter autour du fût.

La construction du diaphragme diffère aussi : il est complètement circulaire sur le Jupiter tandis qu’il forme une rosace sur l’Helios : le bokeh sera donc légèrement différent, le Jupiter donnant plus facilement des points lumineux circulaires.

Pour la petite histoire, la formule optique du Jupiter est héritée du Sonnar de Carl Zeiss : après la 2e Guerre mondiale, l’usine détruite de Carl Zeiss et les ingénieurs allemands ont été déplacés en Russie à Krasnogorsk, pour le temps de la reconstruction, ce qui explique le copiage !

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Sur la photo ci-dessus, on voit les deux types de bagues M42/K : celle à colerette de gauche permet de bloquer l’objectif avec l’ergot de la baionnette K mais empêche la mise au point à l’infinie : elle s’arrête à 4 m de distance ! Avec la bague de droite sans collerette, on a la mise au point à l’infini, mais son ergot de blocage oblige de dévisser l’optique au démontage : peu pratique. Je préfère enlever cet ergot et rester vigilant sur le terrain pour éviter que l’objo ne se dévisse tout seul. Il est ainsi plus facile à démonter quand on veut changer de focale.

 

Les deux objectifs possèdent une bague de diaph crantée placée à l’avant du fût (N°2 sur le croquis). Ils ont aussi une deuxième bague de diaph sans crantage placée en arrière (N°6) qui permet de fermer et ouvrir le diaph très rapidement en fonction de la valeur choisie. C’est très pratique sur le terrain : on choisit son diaph, puis on tourne la bague souple pour ouvrir le diaph, avec la visée lumineuse on fait le net, et on referme rapidement le diaph avant de shooter : on sait ainsi à quelle valeur de diaph se fera la photo.

Le croquis ci-dontre (trouvé sur un site russe ici) montre une coupe de l’Helios 40-2. On voit le collier de pied (N°10) et la vis de serrage (N°11). La bague de mise au point (N°7) est souvent ferme sur ces objectifs, ce qui rend la progressivité très précise en dépit d’une lenteur de rotation importante.

Vignetage et distorsion : excellents !

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Malgré leur âge, leur grande ouverture nominale et l’absence de traitement multi-coating, ces deux objos ont un comportement exemplaire sans vignetage ni distorsion visible. On notera une tonalité plus chaude sur le Jupiter qui a 8 ans de plus que l’Helios. Le Jupiter expose très précisément sans correction d’exposition en mode AV et cellule pondérée centrale sur le K-m. Par contre, l’Helios impose de rentrer une correction d’expo de + 2 IL si on ferme le diaph après f2.8 et suivants.

Flare et reflets parasites : danger !

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Certains objectifs russes M42 récents, après 1980, ont introduits le MC, revêtement multi-coating dans leur traitement optique. Ces deux 85mm en sont dépourvus et cela sera parfois gênant en situation de contre-jour et parfois même avec le soleil dans le dos comme nous le verrons plus bas.

 

Sans paresoleil, l’Helios montre du flare dans le contraste de la cheminée même s’il est assez bien contrôlé. Vu la taille de la lentille frontale assez imposante, il faudra s’équiper d’un très bon paresoleil à vissage diamètre 67mm, qui se trouve sur Ebay par exemple dans ce genre.

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C’est ce genre de paresoleil plus petit que j’ai monté sur mon Jupiter diamètre 49mm et même avec lui, le Flare est bien présent sur l’image-test. Il y a une rosace violette visible sur le bâtiment, très difficile à post-traiter... (mais faisable quand même si on veut absolument sauver une image).

Le Bokeh à f1.5 / f2.8 : des fonds flous « au yaourt »...

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Le bokeh est le grand argument en faveur de ces objectifs qui permettront des effets créatifs très intéressants. Dès que l’on ferme le diaph, on perçoit nettement une variation de rendu et le champ des possibilités offre un excellent contrôle.

 

Sur la vue réduite de ce nain de jardin chez Castorama, photographié à environ 2.5 m, on arrive à isoler le sujet. La mise au point au stigmomètre a été faite sur le cercle du nez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Helios et son piqué de haut vol, comme nous le verrons plus bas, permet de travailler à f1.5. Le Jupiter beaucoup plus mou oblige à fermer à f2.8 (ou  f4 comme ici) pour avoir de la précision dans les détails.

 

 

 

 

 

Pour une première approche du piqué, on peut déjà noter que l’Helios à pleine ouverture fait mieux au centre du champ que le Jupiter à f4 !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En revanche, sur le bord de l’image, le Jupiter possède une homogénéité meilleure tout à fait logique puisque sa profondeur de champ a augmenté à f4. Ce détail permet surtout de constater la transition entre les zones de net et de flou, idéales pour les séances de portrait.

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Le piqué sur le terrain : l’Helios enfonce le Jupiter !

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Cette première scène comparative a été faite sur trépied avec retardateur en mode AV et cellule pondérée centrale. Distance de mise au point : 3 m avec stigmomètre réglé sur l’oeil du poisson. A cette distance, le 85mm donne un cadrage assez serré : en imaginant un enfant assis sur le cheval à bascule, on aurait un portrait aux épaules.

 

Plus bas, je place des détails capturés à 100% et rangés les uns sous les autres avec l’indication des ouvertures. J’ai choisi un détail bleu au centre de l’image sur la zone mise au point, un autre marron légèrement en avant, un détail gris avec des indications gravées en bordure de champ et enfin un détail dans le fond à environ 2 m à l’arrière pour juger le bokeh.

 

D’abord, le relevé de piqué visuel pour chaque objectif et ensuite des détails comparés entre les 2 objos.

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Intéressante comparaison s’il en est ! L’Helios offre un rendu des couleurs beaucoup plus contrasté et froid (bleu) tandis que le Jupiter possède une dominante chaude (jaune) très visible quand on les compare ainsi. L’Helios est une bête du piqué au centre de l’image mais ses bords sont très mous même à f5.6 f8, tandis que la mollesse du Jupiter se résorbe à f5.6 f8 sur l’ensemble du champ. Par contre à f2 ce Jupiter est si mou qu’il crée un effet de soft-focus assez incroyable, que les amoureux du piqué détesteront mais qu’il sera possible de mettre à profit en paysage par exemple pour créer des effets de brumes vaporeuses en fonction des sources lumineuses.

 

 

Le bokeh de l’Helios est très crémeux et reste diffus même en diaphragmant.

 

Sur les vues d’église ci-contre prises à plus de 25m (infini) et mise au point sur l’angle sombre du clocher, on voit un exemple du comportement très hétérogène de ces objectifs en terme de zone de netteté, entourée en rouge.

 

L’Helios à pleine ouverture possède un « trou » de piqué sur environ 40% du champ et le reste est délayé dans un voile de flou très tranché. Dès qu’on ferme de 2 crans, le champ net retrouve une présence plus grande sur environ 80% de l’image.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Jupiter est encore plus hétérogène que l’Helios avec une pleine ouverture extraordinairement molle.

Personnellement, je trouve cette caractéristique très sympa car elle oblige à jouer avec l’objo en tenant compte de ses points forts et faibles.

 

C’est comme si on avait une option « filtre adoucissant » incorporée dans l’objectif, comme le fameux Pentax Soft Focus 85mm f2.8 qui possède un filtrage intégré adoucissant les images dès la pleine ouverture.

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Le Jupiter le fait gratuitement tout naturellement !

Dès qu’on ferme dès f4 le champ du Jupiter retrouve une netteté de bon aloi.

 

Voyons une autre image-test comparative ! Cette vue ci-dessous du camion a été prise sur trépied à plus de 25m (infini). Les détails encadrés en rouge reprennent différentes zones de netteté et je replace tous ces détails capturés à 100% plus bas.

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Le Jupiter possède une profondeur de champ plus agréable grâce à une meilleur homogénéité : à f8 l’ensemble du champ est superbe. L’Helios reste toujours mollasson dans les angles et ce sera assez préjudiciable en photos d’architecture ou de paysage. C’est vraiment un objectif à limiter à l’usage portrait ! Le Jupiter est un peu plus polyvalent.

 

 

Il faut signaler un comportement étrange de l’Helios qui a introduit du flare à f5.6 f8 sur le bord gauche de l’image alors que le soleil était dans mon dos ! Le Jupiter n’a pas été sujet au flare. Je n’ai pas d’explication sur ce phénomène, invisible à f2.8 - f4 et qui n’est apparu qu’après avoir fortement diaphragmé...

Peut-être qu’en paysage avec ces objectifs, l’emploi d’un filtre polarisant sera utile pour renforcer les contrastes et contrôler les reflets parasites.

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Petit bilan personnel

L’Helios est un magnifique objectif portrait malheureusement trop volumineux et trop lourd sur un K-m ! Il pèse 3 fois plus que le boitier et la prise en main est donc très déséquilibrée. Au bout d’¼ h ça devient duraille... Mais compte tenu de ce qu’il offre, on pourra prévoir quelques séances de musculation (à défaut d’avoir un monopod !). Car il est vraiment fortiche dès f1.5 avec un bokeh superbe. On en trouve parfois sur Ebay entre 200 et 300€, c’est le prix à payer pour l’excellence (en portrait je précise !).

 

Le Jupiter 9 est 2 crans en-dessous mais si mignon et si léger qu’il ne mange pas de pain dans un fourre-tout. Toujours prêt pour saisir un portrait en ambiance intérieure à f2.8 (et même à f2 si on veut jouer avec les reflets de lumières dans un bar par exemple ou sur scène). Il se négocie dans les 90/120€ sur la baie : un 85mm hyper lumineux à ce tarif en monture Pentax, cherchez pas, y’a pas !

 

 

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F5.6, traitement vieille diapo (vignetage artificiel) avec Silkypix

F2.8, traitement vignetage blanc avec Silkypix

F2.8, traitement vignetage blanc avec Silkypix

F8, Traitement couleur avec Silkypix

J’espère que ce test vous aura aider à vous décider. Je vous laisse avec quelques vues réalisées au Jupiter 9, visibles en grand format dans ma galerie K-m sur mon espace pbase : www.pbase.com/lazare19

 

A+ ! ;)