
Méga-

Salut à tous !
Amoureux des objectifs russes depuis 2-
Fourmix, mon collègue modérateur du Forum K10d, m’a prêté son Helios-
Ce sont donc 2 objectifs spécial portrait, en monture M42, adaptables sur Pentax avec des bagues M42/K (expliqué en détail ici). Ils sont très lumineux f1.5 / f2 pour procurer de beaux floutés d’arrière plan et leur focale de 85mm (idéale en argentique) donne un équivalent 120mm sur reflex numérique, ce qui est très correct pour rester éloigné du sujet (entre 2.5 et 5 m le plus souvent).
En avant pour cette découverte qui intéressera plus d’un photographe avec un budget photo limité !
Considérations techniques


L’Helios 40-
Distance de mise au point minimale de 0,8 m, ouvertures des diaphs de 1,5 à 22
Nombre des pétales de l'iris : 10. Monture M42, filtre avant 67mm. Longueur de l'objectif avec couvercle: 110 mm, Poids : 1185 g.
Le Jupiter 9 est aussi un 85 mm (84,46 mm) avec un Angle de vision de 28 °, calculée pour le format d'image 24x36 mm. Formule optique de 7 lentilles en 3 groupes (Résolution TU (centre / bord) : 30/18 l/mm)
Distance de mise au point minimale de 0,8 m, ouvertures des diaphs de 2 à 22
Nombre des pétales de l'iris : 15. Monture M42, filtre avant 49mm. Longueur de l'objectif avec couvercle: 80 mm, Poids : 400 g.

On aura remarqué la différence de carrure entre les deux objos ! L’Helios est quasiment 3 fois plus gros et heureusement, il est muni d’un collier de fixation qui se règle avec une vis souple et ferme pour le faire pivoter autour du fût.
La construction du diaphragme diffère aussi : il est complètement circulaire sur le Jupiter tandis qu’il forme une rosace sur l’Helios : le bokeh sera donc légèrement différent, le Jupiter donnant plus facilement des points lumineux circulaires.
Pour la petite histoire, la formule optique du Jupiter est héritée du Sonnar de Carl Zeiss : après la 2e Guerre mondiale, l’usine détruite de Carl Zeiss et les ingénieurs allemands ont été déplacés en Russie à Krasnogorsk, pour le temps de la reconstruction, ce qui explique le copiage !


Sur la photo ci-
Les deux objectifs possèdent une bague de diaph crantée placée à l’avant du fût (N°2 sur le croquis). Ils ont aussi une deuxième bague de diaph sans crantage placée en arrière (N°6) qui permet de fermer et ouvrir le diaph très rapidement en fonction de la valeur choisie. C’est très pratique sur le terrain : on choisit son diaph, puis on tourne la bague souple pour ouvrir le diaph, avec la visée lumineuse on fait le net, et on referme rapidement le diaph avant de shooter : on sait ainsi à quelle valeur de diaph se fera la photo.
Le croquis ci-
Vignetage et distorsion : excellents !

Malgré leur âge, leur grande ouverture nominale et l’absence de traitement multi-
Flare et reflets parasites : danger !


Certains objectifs russes M42 récents, après 1980, ont introduits le MC, revêtement
multi-
Sans paresoleil, l’Helios montre du flare dans le contraste de la cheminée même s’il est assez bien contrôlé. Vu la taille de la lentille frontale assez imposante, il faudra s’équiper d’un très bon paresoleil à vissage diamètre 67mm, qui se trouve sur Ebay par exemple dans ce genre.

C’est ce genre de paresoleil plus petit que j’ai monté sur mon Jupiter diamètre 49mm
et même avec lui, le Flare est bien présent sur l’image-
Le Bokeh à f1.5 / f2.8 : des fonds flous « au yaourt »...



Le bokeh est le grand argument en faveur de ces objectifs qui permettront des effets créatifs très intéressants. Dès que l’on ferme le diaph, on perçoit nettement une variation de rendu et le champ des possibilités offre un excellent contrôle.
Sur la vue réduite de ce nain de jardin chez Castorama, photographié à environ 2.5 m, on arrive à isoler le sujet. La mise au point au stigmomètre a été faite sur le cercle du nez.
L’Helios et son piqué de haut vol, comme nous le verrons plus bas, permet de travailler à f1.5. Le Jupiter beaucoup plus mou oblige à fermer à f2.8 (ou f4 comme ici) pour avoir de la précision dans les détails.
Pour une première approche du piqué, on peut déjà noter que l’Helios à pleine ouverture fait mieux au centre du champ que le Jupiter à f4 !
En revanche, sur le bord de l’image, le Jupiter possède une homogénéité meilleure tout à fait logique puisque sa profondeur de champ a augmenté à f4. Ce détail permet surtout de constater la transition entre les zones de net et de flou, idéales pour les séances de portrait.


Le piqué sur le terrain : l’Helios enfonce le Jupiter !

Cette première scène comparative a été faite sur trépied avec retardateur en mode AV et cellule pondérée centrale. Distance de mise au point : 3 m avec stigmomètre réglé sur l’oeil du poisson. A cette distance, le 85mm donne un cadrage assez serré : en imaginant un enfant assis sur le cheval à bascule, on aurait un portrait aux épaules.
Plus bas, je place des détails capturés à 100% et rangés les uns sous les autres avec l’indication des ouvertures. J’ai choisi un détail bleu au centre de l’image sur la zone mise au point, un autre marron légèrement en avant, un détail gris avec des indications gravées en bordure de champ et enfin un détail dans le fond à environ 2 m à l’arrière pour juger le bokeh.
D’abord, le relevé de piqué visuel pour chaque objectif et ensuite des détails comparés entre les 2 objos.



Intéressante comparaison s’il en est ! L’Helios offre un rendu des couleurs beaucoup
plus contrasté et froid (bleu) tandis que le Jupiter possède une dominante chaude
(jaune) très visible quand on les compare ainsi. L’Helios est une bête du piqué au
centre de l’image mais ses bords sont très mous même à f5.6 f8, tandis que la mollesse
du Jupiter se résorbe à f5.6 f8 sur l’ensemble du champ. Par contre à f2 ce Jupiter
est si mou qu’il crée un effet de soft-
Le bokeh de l’Helios est très crémeux et reste diffus même en diaphragmant.
Sur les vues d’église ci-
L’Helios à pleine ouverture possède un « trou » de piqué sur environ 40% du champ et le reste est délayé dans un voile de flou très tranché. Dès qu’on ferme de 2 crans, le champ net retrouve une présence plus grande sur environ 80% de l’image.
Le Jupiter est encore plus hétérogène que l’Helios avec une pleine ouverture extraordinairement molle.
Personnellement, je trouve cette caractéristique très sympa car elle oblige à jouer avec l’objo en tenant compte de ses points forts et faibles.
C’est comme si on avait une option « filtre adoucissant » incorporée dans l’objectif, comme le fameux Pentax Soft Focus 85mm f2.8 qui possède un filtrage intégré adoucissant les images dès la pleine ouverture.





Le Jupiter le fait gratuitement tout naturellement !
Dès qu’on ferme dès f4 le champ du Jupiter retrouve une netteté de bon aloi.
Voyons une autre image-




Le Jupiter possède une profondeur de champ plus agréable grâce à une meilleur homogénéité : à f8 l’ensemble du champ est superbe. L’Helios reste toujours mollasson dans les angles et ce sera assez préjudiciable en photos d’architecture ou de paysage. C’est vraiment un objectif à limiter à l’usage portrait ! Le Jupiter est un peu plus polyvalent.
Il faut signaler un comportement étrange de l’Helios qui a introduit du flare à f5.6
f8 sur le bord gauche de l’image alors que le soleil était dans mon dos ! Le Jupiter
n’a pas été sujet au flare. Je n’ai pas d’explication sur ce phénomène, invisible
à f2.8 -
Peut-


Petit bilan personnel
L’Helios est un magnifique objectif portrait malheureusement trop volumineux et trop
lourd sur un K-
Le Jupiter 9 est 2 crans en-




F5.6, traitement vieille diapo (vignetage artificiel) avec Silkypix
F2.8, traitement vignetage blanc avec Silkypix
F2.8, traitement vignetage blanc avec Silkypix
F8, Traitement couleur avec Silkypix
J’espère que ce test vous aura aider à vous décider. Je vous laisse avec quelques
vues réalisées au Jupiter 9, visibles en grand format dans ma galerie K-
A+ ! ;)