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TEST CARL ZEISS T* 50mm f1.7 (Leitax) contre PENTAX SMC F 50mm f1.7

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Salut à tous !

 

A ma gauche, le Carl Zeiss Planar 50mm f1.7, et à ma droite, le Pentax smc F50mm f1.7, dans un duel impitoyable de poids mouche... Il sont légers mais ils cognent dur... Lequel terrassera l’autre ? ;)

 

J’ai toujours aimé le rendu si contrasté des optiques Carl Zeiss que je me suis rééquipé récemment en matériel argentique Contax. Mais dans ma besace bien fourni en zooms Carl Zeiss, ce petit Planar T* 50mm dormait trop souvent... Résultat : j’ai décidé de remplacer sa baionnette Contax/Yashica par la monture K/Leitax disponible pour 78€ (TVA et port compris ici en Espagne) afin de le monter sur mon boitier K-m.

 

 

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Le site Leitax.com détaille la procédure de modification qui est assez facile si on possède un excellent tournevis de précision ! La construction est solide et les vis sont légèrement collées : il faut donc procéder avec soin pour ne pas foirer les têtes de vis avec des tournevis de mauvaise qualité.

La baionnette Leitax (ci-contre à droite) ne comporte pas de contacts électriques, on utilise donc l’objectif Carl Zeiss en « stop down », comme un Objo M42, à fermeture réelle du diaphragme. On fait la mise au point manuelle avec le diaph ouvert car le viseur est lumineux, puis on ferme le diaph à la valeur souhaitée,  le viseur s’assombrit, et en Mode AV, la cellule du boitier calcule la bonne expo, et on déclenche... Simple et efficace. Il faudra parfois rentrer une correction d’expo variable en fonction des objos et des scènes... Ce Planar 50mm a tendance à surexposer d’1/3 IL par rapport au Pentax F 50mm : rien de bien méchant.

 

Utiliser un Zeiss manuel vaut-il vraiment le coût/coup par rapport à l’autofocus et aux automatismes que donne le Pentax F50mm ?

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Sur le marché de l’occasion, ils côtent le même prix : il faut privilégier les Carl Zeiss Planar monture C/Y MM et non AE (Les MM sont made in japan, avec une baionnette facilement dévissable, reconnaissables avec le chiffre 16 de la bague de diaph peint en vert) qui coûtent environ 80/100€ à quoi s’ajoutent les 80€ de la bague Leitax. Le Pentax F 50mm vaut quant à lui entre 150 et 180€...

 

Ils pèsent presque le même poids (Zeiss : 195 gr ; Pentax : 200 gr) et sont de dimensions similaires, tous les deux offrant une finition corps métal et bagues plastiques. Le Zeiss accepte les filtres de 55mm et le Pentax ceux de 49mm.

 

Le choix va donc se jouer surtout sur le rendu photo et c’est là que ce test devient intéressant !

Le Bokeh à grande ouverture f1.7 / f2.8

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Le Bokeh désigne la qualité crémeuse des flous d’arrière-plan si important pour isoler un détail ou un portrait. Il s’obtient aux grandes ouvertures en s’approchant assez près du sujet mis au net.

 

 

Les pinces à linge ont été prises à environ 2 m de distance. Le rendu est très similaire entre les deux objos avec un peu plus de « crème » chez le Zeiss.

 

 

 

 

Le tronc a été pris à 1.2 m environ et l’image permet de constater que le Zeiss est meilleur en Bokeh. L’effet 3D est plus prononcé entre le net et le flou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En portrait, principal usage de ces objectifs dont la focale de 50mm donne un équivalent 75mm sur format aps-c des reflex numériques, l’exemple ci-contre est encore à l’avantage du Zeiss qui donne une zone de netteté plus profonde tout en créant un bokeh de bonne qualité. On peut déjà apercevoir la différence de couleur entre les deux objos : le contraste du Zeiss est nettement plus fort et neutre que le rendu « chaud » du Pentax.

 

 

 

Autre différence à signaler : la distance minimale de mise au point est à l’avantage du Pentax qui peut descendre à 45 cm tandis que le Zeiss est limité à 60 cm. Comme sur la photo du globe, le Pentax offrira donc parfois un bokeh plus prononcé aux très courtes distances, pour isoler une fleur par exemple. Cela dit, on peut aussi ajouter une bonnette macro à ces objectifs pour obtenir de bons effets de transition net/flou sur des très petits sujets en macro.

Le rendu des couleurs : contraste et tonalité

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Au cours de mes prises de vue comparatives, j’ai constaté très vite sur l’écran de contrôle du boitier que le rendu des images était très chaud sur le Pentax. On sait que le revêtement SMC (multi-coating) des Pentax a tendance à « jaunir » avec le temps et finit par donner une dominante chaude « jaune » aux images couleurs (Sigma aussi présente cette particularité, en moins prononcée, même pour les objos neufs).

 

J’ai donc cherché à renforcer cette différence de rendu en prenant un paysage à contre-jour sans paresoleil (image en haut à gauche). Outre le flare (reflet parasite) présent sur les deux objos, on note bien les dominantes jaune-verdâtre chez Pentax par rapport aux tonalités froides (bleu) du Zeiss. Les Pentax Limited ont tous ce rendu neutre, un peu froid, beaucoup plus fidèle en couleur. Sur la scène du ciel à gauche, avec le soleil dans le dos, la différence de rendu est aussi très visible : et c’est la même WB auto !

 

 

 

Sur une scène moins lumineuse, comme cette vieille porte, la dominante chaude du Pentax reste bien visible. Zeiss est réputé pour le rendu de ses couleurs et le traitement T* prouve ici sa supériorité sur le SMC de Pentax. Ces deux objos ne sont pas du même âge : le Pentax doit dater de la fin des années 1980 tandis que le Zeiss a dû être fabriqué dans les années 1995... Mais même chez les vieux Zeiss, la dominante chaude est moins présente.

 

Le piqué

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Dès la pleine ouverture à f1.7, ou comme sur ces peluches à f2, les deux objos ont une très bonne définition au centre du champ. La faible profondeur de champ oblige à multiplier les prises de vue pour avoir le même type de détails nets sur les scènes comparatives.

 

J’ai utilisé l’autofocus point central pour le Pentax en visant la langue du chien et la profondeur de champ est légèrement décalée vers le fond, le montant de la fenêtre en bois est inclus dans le net. Pour le Zeiss, j’ai dû varier la map manuelle 3 fois pour avoir la netteté sur la tête du chien. On peut donc comparer assez finement et fidèlement la netteté des objectifs.

Si on ne tient pas donc de la variation de la mise au point, on voit une bonne netteté chez le Pentax, mais une supériorité assez grande pour le Zeiss dès f2. Le micro-contraste est plus fort et permet donc de renforcer les détails sur une zone plus étalée.

Je n’ai pas encore reçu mon dépoli à stigmomètre, dommage pour ce test ! Mais l’utilisateur équipé en Carl Zeiss manuel pourra obtenir de belles images bien piquées à f2 avec ce genre de dépoli.

 

Sur un détail excentré, on note que le Pentax est plus sujet aux aberrations chromatiques dans les transitions de lignes contrastées. Ces franges baveuses violettes ne sont visibles que sur des tirages en très grand format, certes, mais on s’en passerait bien, non ? Les nouveaux objectifs DA, DC ou DiII possèdent de meilleurs traitements optiques destinés à limiter ces aberrations. Sur mes autres Carl Zeiss, les aberrations sont aussi peu présentes.

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Sur le portrait de l’ami Jacky, visible en entier plus haut, photographié à environ 1.5 m, les détails affichés à 100% confirment encore le piqué très supérieur du Zeiss à f2.8 !

 

Outre le rendu coloré plus fidèle dans les dégradés et les tonalités chair, on note un contraste extrêmement plus élevé dans les reflets de la tétine par exemple.

 

Le Pentax n’a pas à rougir, le pépé assure bien, mais la comparaison lui donne un sacré coup de vieux !

 

Sur le reste de l’image, je confirme que l’AF et le Pentax ont bien trouvé les mêmes zones de netteté que la mise au point manuelle et le Zeiss, au niveau du nez.

 

La profondeur de champ du Zeiss est plus étendue, les coutures du blouson et la fermeture éclair sont plus détaillées que sur le Pentax qui bavent un peu dans le flou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le détail du bonnet, on voit très bien l’excellence du contraste du Zeiss tellement plus profond dans le rendu des couleurs.

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Changeons de distance de mise au point : la cheminée se trouve à environ 6-7 m de distance et j’ai fermé à f4.

 

On note la différence de tonalité, assez plaisante pour le Pentax sur cette scène, qui donne une chaleur plus agréable aux pierres. Mais le puriste préfèrera le rendu neutre du Zeiss, encore une fois !

 

 

 

 

 

 

 

Dans le centre du champ, encore et toujours, le Zeiss est un cran au dessus en définition et constraste. Il n’y a pas d’aberrations chromatiques sur cette scène pour les 2 objos.

 

 

On peut conclure de l’observation de ce piqué que le Zeiss donnera des posters d’une qualité visuelle bien supérieure si on aime les grands tirages.

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De nouveau à f4, sur cette lanterne photographiée à environ 2.5 m, les deux objectifs ont choisi le même couple diaph/vitesse en cellule pondérée centrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la zone mise au net, au centre du champ, on peut noter avec quelle finesse le Zeiss rend les contrastes et les dégradés des couleurs.

 

C’est finalement du même niveau que les Pentax Limited récents. J’ose à peine imaginer ce que les Carl Zeiss neuf à monture KA disponibles sur le marché doivent donner !

 

C’est Cosina qui les commercialise (voir les détails ici sur mon site), ils sont très chers, certes, mais au final, malgré leur mise au point manuelle, ils sont d’une qualité transcendentale !

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Un dernier exemple pour la route : à f8, sur l’image de la vieille porte présentée plus haut sur cette page, j’ai capturé ce détail à 100% en bordure de champ.

Ca permet de faire le tour de ce micro-contraste aux principaux diaphs.

 

Le Pentax est loin d’être un objectif décevant. Mais si Cosina se décidait à sortir des Carl Zeiss autofocus en monture KAF, il ne resterait plus grand chose pour Pentax... auprès des aficionados fortunés, cela va sans dire ! ;)

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Voili, voilou ! Quoi dire de plus ? Ces deux objos ne souffrent pas de distorsion, ni de vignettage... On trouvera parfois chez les deux un peu d’aberrations chromatiques sur les reflets très brillants, (liserés bleu violet) comme dans cet exemple du Zeiss à f2 sur le chrome de ma caisse claire photographié à 2 m.

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Mais on est là dans du pinaillage ! Avec un bon stigmomètre dans le viseur, de la patience pour calculer/corriger son exposition en mode AV/stop down, l’utilisateur de Carl Zeiss est sûr de trouver des objos de haute volée pour ses posters, bouquins et cartes postales... C’est comme rouler en Jaguar Type-E, pas forcément très confortable ni ergonomique, mais tellement plus excitant ! ;)

 

A +